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«Attila Marcel», l'acteur Guillaume Gouix, burlesque et tendre à la fois

Dans son premier long métrage Attila Marcel, le dessinateur Sylvain Chomet (Les triplettes de Belleville, L’illusionniste) a mis de côté ses crayons de couleur pour diriger des comédiens en chair et en os. Ce joli premier film en prises de vue réelles qui préserve l’atmosphère rétro de ses œuvres précédentes est composé de personnages délicieusement originaux et met en scène un Guillaume Gouix farfelu et attendrissant. Le Huffington Post Québec s’est entretenu avec l’acteur français.

Guillaume Gouix nous attend dans une chambre d’hôtel à Paris, les grands yeux bleus un tantinet sévères. Il faut dire qu’avec ce regard, le jeune acteur a fait dresser les poils de millions de spectateurs pour la série télévisée à succès Les revenants où il incarne l’effroyable tueur en série. On le retrouve maintenant au grand écran dans un rôle aux antipodes. Son personnage de Paul dans Attila Marcel à l’affiche présentement demeure muet et sans expression. Il semble grandir sans vraiment vivre.

«Hormis le réalisateur Sylvain Chomet, personne ne me voyait interpréter Paul, explique l’acteur. Même son entourage n’y croyait pas. Je porte injustement cette image de "voyou du cinéma", alors il a fallu que Sylvain les rassure en leur disant que j’étais fait pour le rôle. Pour ma part, je voulais vraiment faire partie de ce film. Sylvain est un artiste qui me fascine. Je connaissais déjà ses bandes dessinées et je ne pouvais pas rater cette occasion.»

Bien avant les personnages ou les scénarios, l’acteur dit s’intéresser d’abord aux réalisateurs avec qui il travaille. «J’aime rencontrer ceux qui font des films. Le cinéma est une affaire de cinéastes. Un acteur se moule dans leur vision. Avec Sylvain, on a beaucoup parlé. J’aime l’histoire bien sûr et la complexité de mon personnage, mais rendre possible l’existence d’un film en compagnie du réalisateur est la principale raison qui fait que je fais du cinéma.»

En ce qui concerne Attila Marcel, il s’est retrouvé propulsé dans l’imaginaire de Chomet. «Tous les jours sur le plateau, j’étais au milieu de ces décors et de ces costumes fabuleux. C’était comme se retrouver au milieu de Disneyland. J’étais invité dans l’univers bizarre et onirique du cinéaste. Ce qui est encore plus étrange, c’est qu’il existe une forme de réalité. Au fond, on peut croire que tous ces gens existent.»

Briser un quotidien morne

L’œuvre, comédie douce-amère, s’attarde sur Paul, un homme dans la trentaine isolé du monde extérieur et prisonnier d’un carcan qui se résume aux leçons quotidiennes de piano. «Il ne quitte presque jamais son appartement. Il vieillit sans rien accomplir en préférant vivre avec ses deux tantes aristos. Mais tout va changer quand il rencontre sa voisine qui va lui révéler son passé», dit-il.

Le comédien joue deux rôles dans le film, celui de Paul et aussi celui d’Attila Marcel. «Ce sont deux figures très différentes, précise-t-il. Au début, c’était plutôt déstabilisant de passer de l’un à l’autre. Ensuite, ça m’a fait du bien d’alterner. Je faisais Paul, puis j'avais des journées en Attila Marcel, qui s’avère être tout le contraire. Il parle et bouge énormément.»

Pourtant, le personnage de Paul aura été tout un défi. «Je ne voulais pas en faire un débile à la manière d’un Forrest Gump. Cet homme a conscience de ce qui se passe autour de lui. Il peut avoir des opinions. Le fait qu’il soit muet depuis qu’il a perdu ses parents à deux ans n’a pas été l’aspect le plus difficile à jouer. Par contre, il fallait travailler sur les gestes, sa posture afin de trouver l’équilibre parfait.»

Pendant le tournage, l’acteur raconte qu’il a vécu une expérience particulière en compagnie d’actrices dont il garde un souvenir inoubliable. «Bernadette Lafont, Anne Le Ny ou Fanny Touron, elles sont toutes géniales! J’ai été marqué par leur curiosité, alors qu’elles ont de grandes carrières. Bernadette, qui nous a récemment quittés, n’a jamais joué les vedettes. J’avais l'impression que c'était son premier film. Je crois qu’elle s’était vraiment donné pour règle d’être dans la découverte afin de toujours profiter de l’instant présent»

L’entrevue a été réalisée grâce à l’invitation des Rendez-vous d’Unifrance.

Attila Marcel – Métropole Films Distribution – Comédie fantaisiste – 106 minutes – Sortie en salles le 23 mai 2014 – France.

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