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25/05/2014 02:21 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

Visite surprise du président Obama en Afghanistan

Le président Barack Obama effectuait dimanche une visite surprise en Afghanistan pour rendra hommage aux soldats américains engagés dans la plus longue guerre de l'histoire des États-Unis qui, malgré les moyens considérables déployés depuis 2001, n'est pas parvenue à mater l'insurrection des talibans.

M. Obama, dont la visite ne figurait pas au programme officiel de la Maison Blanche, a quitté Washington dans la nuit de samedi à dimanche pour s'envoler vers l'Afghanistan. Il a atterri en début de soirée à la base de Bagram, un gigantesque complexe militaire sous contrôle américain à une quarantaine de kilomètres au nord de Kaboul.

Cette visite intervient sur fond de tensions entre Kaboul et Washington, le président afghan Hamid Karzaï ayant repoussé la signature d'un accord de sécurité bilatéral (BSA) encadrant le maintien d'un contingent américain dans le pays après le retrait des 51.000 soldats de l'Otan d'ici à la fin de l'année.

A Bagram, M. Obama a annoncé que la décision sur le nombre de soldats américains qui pourraient rester en Afghanistan serait prise "assez rapidement".

Le maintien de troupes américaines sur le sol afghan permettrait aux forces afghanes, certes conséquentes (350.000 hommes) mais fragiles, de continuer à bénéficier d'un soutien militaire, notamment dans le domaine aérien, parent pauvre de l'armée afghane, face aux insurgés talibans.

Chassés en 2001 dans la foulée du 11-Septembre par une coalition militaire internationale menée par les Etats-Unis, les rebelles islamistes mènent une guérilla meurtrière que plus de douze ans d'intervention occidentale n'ont pas réussi à mater.

Les atermoiements de M. Karzaï sur le BSA ont provoqué l'exaspération de Washington qui a brandi la menace de l'"option zéro": ne laisser aucune troupe dans le pays après 2014.

- Pas de rencontre avec Karzaï -

Au cours de sa visite, M. Obama devait s'entretenir avec de hauts responsables militaires américains et des représentants de la société civile, mais aucune rencontre n'était prévue avec son homologue afghan ou avec les deux candidats en lice pour le second tour de l'élection présidentielle afghane, prévu le 14 juin.

"Il ne souhaite pas s'immiscer au milieu d'une élection", a déclaré Ben Rhodes, membre du cabinet de sécurité nationale de M. Obama, à des journalistes voyageant avec le dirigeant américain.

Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani, les deux prétendants à la succession du président Karzaï, à qui la Constitution interdisait de briguer un troisième mandat, se sont tous deux prononcés en faveur de la signature de l'accord de sécurité avec les Etats-Unis.

Cette visite survient également à la veille du Memorial Day, jour férié aux États-Unis en hommage aux anciens combattants, et au moment où le ministère américain des Anciens combattants est touché par un scandale ayant trait à des retards persistants dans le traitement d'anciens soldats américains.

Ces retards de prise en charge dans les hôpitaux gérés par ce ministère ont pris une nouvelle tournure après des révélations sur l'existence d'un système parallèle afin de dissimuler la longueur des listes d'attente dans un établissement de Phoenix (Arizona), qui pourrait avoir coûté la vie à 40 patients.

Ces accusations, qui se sont étendues à 25 autres hôpitaux, ont mis le président Barack Obama sur la défensive, confronté aux appels d'associations d'anciens combattants à la démission du ministre, Eric Shinseki.

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