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25/05/2014 02:15 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

Vigneault et Therrien offrent un spectacle digne de Broadway, à New York

Elsa via Getty Images
NEW YORK, NY - MAY 22: Michel Therrien, headcoach of the Montreal Canadiens, speaks to the media during a press conference after Game Three of the Eastern Conference Final against the New York Rangers during the 2014 NHL Stanley Cup Playoffs at Madison Square Garden on May 22, 2014 in New York City. (Photo by Elsa/Getty Images)

NEW YORK, États-Unis - Alain Vigneault et Michel Therrien ont offert une performance digne des meilleurs spectacles sur Broadway, dimanche matin, au Madison Square Garden.

Les deux entraîneurs québécois, de bons amis de surcroît, ont continué d'attiser avec brio la guerre verbale et psychologique que se livrent les Rangers de New York et le Canadien, à quelques heures de la quatrième rencontre de la finale de l'Est.

Au coeur de l'intrigue: les accusations d'espionnage de Therrien à l'endroit des Rangers, qu'on appelle le «spygate» à New York.

Contrairement à Therrien, Vigneault a prétendu qu'il n'existe aucune règle interdisant aux équipes d'assister aux séances d'entraînement de leurs adversaires, et qu'aucune entente n'a été faite pour la finale de l'Est.

Therrien est revenu à la charge, avec un bémol toutefois, en disant croire que les Rangers avaient bel et bien transgressé une entente tacite, samedi.

Qui dit vrai? Allez donc savoir. Toujours est-il que Vigneault a trouvé que Therrien avait mal agi en demandant crûment à Ulf Samuelsson, un de ses adjoints, de quitter les gradins devant les caméras de télévision.

«Nous avons été traités de façon injuste, a-t-il déclaré. C'était un geste déplacé, un incident regrettable qui n'a pas sa place dans la Ligue nationale. Heureusement, mon personnel a géré la situation avec tact, comme notre équipe sur la glace. Nous sommes chanceux que ça n'ait pas dégénéré.»

Les Rangers ont joué la carte de l'intimidation puisque le directeur général Glen Sather s'est pointé dans les gradins, après le départ de Samuelsson. Un autre adjoint, Daniel Lacroix, a assisté à la majeure partie de la séance du Canadien dans une autre section.

Vigneault a minimisé l'importance pour une équipe d'assister aux séances d'entraînement de l'autre. Mais Therrien a répété que par respect pour son homologue, son personnel ou lui n'assiste jamais aux séances de leurs rivaux.

«Ce qui arrive habituellement, c'est que le 'coach' adverse me contacte avant une série ou les directeurs généraux concluent une entente, a précisé Vigneault. Ça ne s'est pas fait dans ce cas-ci.»

Therrien a fini par admettre qu'il y avait peut-être eu un manque de communication entre les deux organisations.

«Petit monde...»

Vigneault a par ailleurs relancé Therrien au sujet de la remarque qu'il a faite en lien avec le retour au jeu de l'attaquant Derick Brassard.

Therrien a indiqué qu'on connaissait la nature de la blessure de Brassard (une épaule) - «parce que le hockey est un petit monde» - et qu'on verrait à jouer très solide contre lui.

«J'espère simplement qu'il n'arrivera rien à Derick parce que Michel et le joueur impliqué pourraient se retrouver dans le pétrin», a mentionné Vigneault, en ne voulant pas préciser sa pensée.

Sur le sujet, Therrien a expliqué qu'il a simplement voulu parodier Vigneault en disant que «le hockey est un petit monde» et que le Canadien ne tentera pas de blesser Brassard.

Vigneault avait utilisé l'expression à Montréal en lien avec la blessure de Carey Price, en confiant après le deuxième match savoir que le gardien no 1 du Tricolore ne jouerait pas et que Dustin Tokarski le remplacerait.

Une amitié écorchée

Vigneault n'avait pas fini de vider son sac. Il est revenu à la charge quand on l'a questionné au sujet des doutes que le CH entretient quant à la fracture de la mâchoire qu'a subie Derek Stepan - qui n'allait pas jouer en soirée.

«On nous dépeint comme une organisation malhonnête et déshonorante. Mais nous respectons les règles tant sur la glace qu'à l'extérieur, a déballé Vigneault. Le hockey est un merveilleux sport, pratiqué par de formidables athlètes. Vous souhaiteriez que ces controverses n'arrivent pas, mais quand c'est le cas, vous devez composer avec. Tout ça n'a que peu d'incidence, sinon aucune, sur le déroulement de la série sur la glace. Je n'estime pas que c'est positif pour notre sport. Mais il y a des personnes qui pensent le contraire.»

Avant la série, Therrien avait prévenu que son amitié pour Vigneault serait mise à rude épreuve. Les deux ont oeuvré chez le Canadien en même temps il y a une quinzaine d'années, quand Vigneault dirigeait l'équipe et Therrien l'équipe-école.

«Il avait dit que nous ne serions pas des amis pour les deux prochaines semaines. Il a possiblement raison», a glissé Vigneault, en esquissant un sourire moqueur.

Therrien, lui, s'est esclaffé quand on lui a rapporté la réponse de «son ami».

«Je connais Alain Vigneault depuis longtemps et il a été bon pour moi. Nous sommes devenus très proches au fil des années. J'ai beaucoup de respect pour le 'coach' et l'homme loyal qu'il est. C'est un privilège pour moi d'être son ami. Mais là on compétitionne, 'câline', pour la même affaire. Quand ça va être fini, je suis sûr qu'on aura la chance de prendre une bonne bière ensemble et qu'on aura du plaisir. Mais là on est en compétition l'un contre l'autre.»

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