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25/05/2014 01:09 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

Turquie: les alevis manifestent après la mort de deux personnes dans des heurts

Des milliers de membres de la communauté alévie, musulmans libéraux de Turquie, ont manifesté dimanche à Istanbul, Ankara et Izmir pour protester contre la mort la semaine dernière de deux personnes dans de violents affrontements entre la police et des manifestants dans un quartier populaire d'Istanbul.

Les manifestants ont exigé la suppression des discriminations après la mort de deux personnes dans ces heurts, lorsque la police a tiré à balles réelles, jeudi dernier, pour disperser des manifestants hostiles au gouvernement dans ce quartier d'Istanbul peuplé en majorité par des alévis.

Les deux personnes tuées, Ugur Kurt, atteint jeudi d'une balle à la tête au moment où il assistait à des funérailles dans une maison d'un membre de la communauté alévie, et Ayhan Yilmaz, décédé des suites de ses blessures après avoir été pris dans les affrontements, ne faisaient pas partie des manifestants.

"Les alevis connaissent les coupables responsables des attaques contre nos camarades alevis ... Nous lançons une mise en garde au gouvernement: laissez tranquilles les alevis", a déclaré Dogan Demir, président des Associations culturelles alévies.

"L'Etat meurtrier sera tenu responsable", ont scandé plusieurs centaines de manifestants, dont des députés, des musiciens et des acteurs, lors de leur défilé à Istanbul, selon un photographe de l'AFP.

Les affrontements avaient éclaté au moment où des dizaines de personnes manifestaient jeudi dans le quartier d'Okmeydani à Istanbul contre le gouvernement et à la mémoire d'un adolescent de 15 ans, tué l'année dernière lors d'une manifestation antigouvernementale.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qui avait défendu les actions de la police, en affirmant que les manifestants étaient des "terroristes", a exprimé ses condoléances aux proches des deux victimes, ont indiqué dimanche ses services.

Les alevis, un groupe musulman hétérodoxe et progressiste, sont très attachés à la laïcité, mais l'Etat turc n'a jamais reconnu leur confession, pratiquant la discrimination à l'encontre d'une communauté qui représente un quart de la population de 76 millions d'habitants à majorité sunnite.

Les alévis reprochent au gouvernement, qui a accordé de nouveaux droits à la minorité kurde dans le cadre de réformes sociales adoptées en octobre dernier, de ne pas avoir accédé à leurs demandes concernant la reconnaissance de leurs lieux de culte.

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