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25/05/2014 11:03 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

Thaïlande: le chef de la junte sur le point de recevoir l'approbation du roi

Le chef de la junte militaire ayant pris le pouvoir depuis quelques jours en Thaïlande devait recevoir lundi l'approbation du roi, une étape cruciale pour la pérennité du nouveau régime, contesté, dans cette monarchie constitutionnelle où le roi est vénéré.

Une cérémonie confirmant les fonctions du général Prayut Chan-O-Cha était prévue dans la matinée au quartier général de l'armée, en l'absence du roi Bhumibol, 86 ans, a précisé une porte-parole de l'armée, Sirichan Ngathong.

La junte a annoncé jeudi dernier un coup d'Etat en Thaïlande, pays qui en est à son 19e putsch, réussi ou raté, depuis l'instauration de la monarchie constitutionnelle en 1932.

Traditionnellement, les prises de pouvoir par l'armée s'y font avec l'aval du palais, selon les experts, même si cela n'était pas clair à ce stade pour celui-ci.

La junte a indiqué samedi avoir remis une lettre au roi, lui demandant d'approuver le nouveau régime.

"Les militaires ont besoin d'une approbation royale explicite, et vite", analyse Paul Chambers, politologue américain spécialiste de la Thaïlande.

Considéré comme le ciment de cette Nation très divisée politiquement, le roi, dont la santé reste fragile après avoir été longtemps hospitalisé, vit dans son palais de Hua Hin, station balnéaire au sud de Bangkok, et n'apparaît que rarement en public, prenant encore plus rarement la parole.

La junte thaïlandaise a averti les opposants au coup d'Etat qu'elle ne tolèrerait plus aucune manifestation à partir de lundi, alors qu'un millier de Thaïlandais ont bravé dimanche l'interdiction de manifester faite par la junte, qui a fortement restreint les libertés civiques et s'est attiré les critiques de la communauté internationale.

Le nouveau régime a dissous le Sénat, conservé jusqu'alors malgré la suspension de la Constitution, et confié l'autorité législative au général Prayut, qui concentre ainsi désormais tous les pouvoirs.

La junte a aussi placé en détention de nombreuses personnalités politiques, en particulier l'ex-Première ministre Yingluck Shinawatra, soeur de Thaksin Shinawatra, ancien chef de gouvernement chassé du pouvoir par un précédent putsch en 2006.

Ses opposants, soutenus par l'élite traditionnelle proche du palais selon les analystes, ont manifesté pendant sept mois dans Bangkok, jusqu'à réussir à faire tomber le gouvernement de sa soeur.

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