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25/05/2014 01:14 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

Porochenko donné vainqueur de la présidentielle en Ukraine (sondage sortie des urnes)

Le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko est donné vainqueur au premier tour de la présidentielle en Ukraine avec près de 56% des suffrages, selon les sondages de sortie des urnes, au terme d'un scrutin où les électeurs ont voté en masse, sauf dans l'Est contrôlé par les séparatistes prorusses.

A 48 ans, l'homme d'affaires, deux fois ministre de précédents gouvernements, arriverait largement en tête, devant l'égérie de la Révolution orange de 2004, Ioulia Timochenko, qui ne recueillerait que 13% des voix selon un sondage sortie des urnes réalisé par un consortium d'instituts ukrainiens.

Le député populiste Oleg Liachko, 42 ans, coutumier des déclarations à l'emporte-pièce, arriverait en 3e position à la surprise générale avec 8% des suffrages.

Si ces sondages se confirment, M. Porochenko sera élu dès le premier tour à la présidence avec une mission titanesque: mettre fin à l'insurrection prorusse et pacifier les relations avec la Russie.

Ce scrutin, soutenu par les Occidentaux, se déroule après six mois d'une crise politique sans précédent, marquée par la répression sanglante du mouvement pro-européen de contestation de Maïdan, le rattachement express de la Crimée à la Russie et une insurrection armée prorusse qui a pratiquement coupé l'Est russophone du reste du pays.

M. Porochenko était le grand favori d'une élection qui a pour toile de fond un affrontement géopolitique entre les Occidentaux et Vladimir Poutine dont le pays fait un grand retour sur le devant de la scène internationale.

Le milliardaire s'est engagé à gérer l'Ukraine comme il gère sa très prospère entreprise de fabrication de chocolats Roshen.

"La première chose à faire, c'est d'apporter la paix à tous les citoyens ukrainiens. Et les personnes armées doivent quitter les rues des villes et des villages", avait déclaré M. Porochenko après avoir voté à Kiev.

- Longues files d'attente -

Plus de 36 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes. "J'espère que cette élection ramènera enfin la paix en Ukraine", résumait Oleg, un homme d'affaires de 38 ans à Lviv, à 80 km de la Pologne.

Une enseignante de 31 ans, Irina Myssak, attend du président élu qu'il "conduise l'Ukraine à l'Otan et à l'Union européenne". "Et je ne veux plus jamais voir ce qui se déroule dans l'Est", ajoute-t-elle faisant allusion à l'insurrection armée prorusse qui a gagné les régions frontalières de la Russie, théâtre de combats avec l'armée ukrainienne qui ont fait plus de 150 morts depuis le 13 avril.

A Kiev les électeurs ont patienté dans de longues files mais dans l'Est séparatiste où les insurgés ont averti qu'ils empêcheraient le déroulement du scrutin, l'immense majorité des bureaux de vote est restée fermée.

Dans le bastion rebelle de Donetsk, aucun bureau de vote n'a ouvert et les rues de la ville sont restés désertes.

"L'Ukraine est maintenant un autre pays, donc je ne vois pas pourquoi nous devrions prendre part à cette élection", a déclaré à l'AFP Elisaveta, dans le centre-ville de Donetsk. "Peu importe le résultat, cela ne nous concerne plus aujourd'hui", a-t-elle ajouté.

- Recrudescence de violences dans l'Est -

Dans l'après-midi, environ 2.000 personnes ont affiché leur soutien aux séparatistes dans le centre de Donetsk, gardées par des hommes armés en tenue de camouflage et portant des cagoules.

"Vous êtes nos héros", lançait la foule. "Pas de prisonniers, tuez les !"

Cependant aucun combat entre insurgés et soldats ukrainiens n'a été reporté durant le scrutin.

Le scrutin avait peu de chances de se dérouler entre la peur des électeurs d'aller voter, les commissions électorales locales sous le contrôle des séparatistes ou tout simplement en raison de l'absence d'urnes et de bulletins dans certains bureaux de vote.

Dans un apparent geste d'apaisement le président russe Vladimir Poutine avait annoncé vendredi qu'il respecterait le "choix du peuple ukrainien".

Son Premier ministre Dmitri Medvedev s'est rendu en Crimée, rattachée à la Russie en mars, un déplacement dénoncé par Kiev comme une "provocation délibérée" le jour du scrutin.

La fin de la campagne a été marquée par la recrudescence de combats sur le "front de l'Est", dans la région de Donetsk où 26 personnes, en majorité des soldats ukrainiens, ont péri dans des combats entre séparatistes et forces loyales à Kiev.

Dans la ville de Slaviansk, bastion des insurgés armés prorusses qui connaît des combats quotidiens, un membre des forces spéciales du ministère ukrainien de l'Intérieur a été tué et deux ont été blessés samedi.

Toujours à Slaviansk, un photographe italien et un défenseur russe des droits de l'Homme ont été tués par des tirs d'obus. Il s'agit du premier journaliste à trouver la mort dans l'Est depuis le début des combats en avril.

bur-kat/neo/bir