NOUVELLES
25/05/2014 03:38 EDT | Actualisé 24/07/2014 05:12 EDT

Les Ukrainiens votent en masse pour élire leur président, peu de signes de vote dans l'Est

Les Ukrainiens votaient en masse dimanche pour élire un nouveau président qui aura la lourde tâche de mettre fin à l'insurrection séparatiste prorusse dans l'Est et qui devra normaliser les relations avec la Russie.

Mais dans l'Est séparatiste où les insurgés ont prévenu qu'ils feraient tout pour empêcher le déroulement du scrutin, il y avait peu de signes de bureaux de vote ouverts. Selon l'administration de la région de Donetsk, moins de 18% des bureaux de vote ont pu ouvrir. Dans la région séparatiste voisine de Lougansk, la Commission centrale électorale avait indiqué samedi soir que seulement 17% des électeurs pourraient voter.

Au total, plus de 36 millions d'électeurs sont appelés aux urnes, de la nationaliste Lviv à l'Ouest à l'ancienne capitale Kharkiv et à la perle de la mer Noire Odessa, ainsi qu'à Kiev.

"J'espère que cette élection ramènera enfin la paix en Ukraine", résumait Oleg, un homme d'affaires de 38 ans votant à Lviv, à 80 km de la Pologne.

Une enseignante de 31 ans, Irina Myssak, attend du président élu qu'il "conduise l'Ukraine à l'Otan et à l'Union européenne". "Et je ne veux plus jamais voir ce qui se déroule dans l'Est", ajoute-t-elle en référence à l'insurrection armée prorusse qui a gagné les régions frontalières de la Russie, théâtre de combats avec l'armée ukrainienne qui ont fait plus de 150 morts depuis le 13 avril.

Dans la capitale, Kiev, théâtre de novembre à février du mouvement de contestation de Maïdan à l'origine de la crise politique, les électeurs patientaient dans de longues files d'attente pour voter et choisir leur nouveau président, ainsi que leur nouveau maire.

"Je vote Ioulia", dit Raïssa Podlesniouk, 73 ans, en référence à l'ancienne icône de la révolution orange de 2004, Ioulia Timochenko, deuxième dans les intentions de vote, selon les sondages. Petro "Porochenko ce sera un autre Ianoukovitch, c'est un oligarque, il n'a même pas osé débattre avec Ioulia à la télé", ajoute la retraitée en référence au grand favori, le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko, ancien ministre du président déchu Viktor Ianoukovitch.

A l'opposé de Kiev, les rues étaient vides dans le bastion rebelle de Donetsk et les bureaux de vote habituellement utilisés pour les scrutins sont restés portes closes.

"L'Ukraine est maintenant un autre pays, donc je ne vois pas pourquoi nous devrions prendre part à cette élection", a déclaré à l'AFP Elisabeta, dans le centre-ville de Donetsk. "Peu importe le résultat, cela ne nous concerne plus aujourd'hui", a-t-elle ajouté.

- Victoire annoncée de Porochenko -

Le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko est le grand favori du scrutin avec plus de 44% des intentions de vote après une campagne sans éclat où il a assuré le service minimum.

Le milliardaire, qui s'engage à gérer l'Ukraine comme il gère sa très prospère entreprise de fabrication de chocolats Roshen, n'est pas assuré d'être élu au premier tour et devra peut-être patienter jusqu'à un hypothétique second tour le 15 juin.

Ses principaux rivaux, Ioulia Timochenko, qui prône un référendum sur une adhésion à l'Otan, et le prorusse Serguiï Tiguipko, qui promet une normalisation des relations économiques avec la Russie, rêvent d'un second tour où les cartes seraient rebattues.

Vendredi, le président russe Vladimir Poutine, dont la gestion de la crise avec l'Ukraine dans la foulée du dossier syrien a consacré le retour de la Russie sur le devant de la scène internationale, avait esquissé un geste d'apaisement en annonçant qu'il respecterait le "choix du peuple ukrainien" et travaillerait avec le chef de l'Etat élu.

- Recrudescence de violences dans l'est -

La fin de la campagne a été marquée par la recrudescence de combats sur le "front de l'est", dans la région de Donetsk où 26 personnes, en majorité des soldats ukrainiens, ont péri dans des combats entre séparatistes et forces loyales à Kiev.

La ville de Slaviansk, bastion des insurgés armés prorusses, connait des combats quotidiens.

Dans les régions de Donetsk et de Lougansk, qui ont proclamé leur souveraineté après un référendum controversé, le scrutin avait peu de chances de se dérouler entre peur des électeurs d'aller voter, commissions électorales locales sous le contrôle des séparatistes ou tout simplement parce que les urnes et les bulletins de vote n'ont pas pu arriver jusqu'à tous les bureaux de vote.

Samedi, les autorités avaient indiqué qu'elles tenteraient d'acheminer de nuit et par blindés et hélicoptères les bulletins et les urnes jusqu'aux bureaux de vote de l'Est.

Les bureaux de vote fermeront à 17H00 GMT et les premiers résultats officiels sont attendus à partir de 21H00 GMT.

bur-kat/ml