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25/05/2014 04:23 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

Le Parlement libyen approuve un nouveau gouvernement soutenu par les islamistes

TRIPOLI, Libye - Le Parlement libyen assiégé a approuvé dimanche la formation d'un gouvernement appuyé par les islamistes, malgré le boycottage des non-islamistes et les menaces d'un général rebelle qui considère la législature illégitime.

Des parlementaires ont indiqué que le gouvernement d'Ahmed Maiteg avait obtenu une majorité de voix, avec l'appui de 83 des 93 législateurs présents lors de la session.

Cette session parlementaire s'est déroulée sous haute sécurité, dans un palais de l'est de la capitale, après que les forces du général rebelle eurent déclaré que la légitimité du Parlement était venue à échéance. Un porte-parole du général Khalifa Hifter avait menacé samedi d'attaquer la session parlementaire en cas de tenue des travaux.

Le général a lancé une campagne armée qui, dit-il, vise à imposer la stabilité après trois ans de chaos ayant suivi la chute et la mort du dictateur Mouammar Kadhafi. Il dit vouloir briser le pouvoir des islamistes qui contrôlent le Parlement, qu'il accuse d'ouvrir la voie aux islamistes radicaux.

Il s'agit du plus important acte de défiance contre le faible gouvernement central du pays et ses forces de sécurité impuissantes depuis la fin de la dictature. Le vote de dimanche a peu de chances de venir à bout du blocage entre les forces du général renégat et les islamistes et leurs milices alliées, qui qualifient son geste de «coup d'État».

La campagne de M. Hifter, qui plonge la Libye dans l'incertitude, a également reçu l'appui de plusieurs hauts responsables gouvernementaux, de diplomates et d'unités militaires s'étant rangés de son côté contre les islamiste au sein des milices et du Parlement.

La semaine dernière, des milices alliées au général ont donné l'assaut et pillé le parlement à Tripoli, annonçant la suspension de la Chambre. Deux jours plus tard, certains parlementaires ont tenté de tenir une session dans un autre endroit afin de désigner un nouveau premier ministre, mais ont été ciblés par des tirs de roquettes, ce qui a mis fin aux délibérations.

Malgré l'attaque, le Parlement s'est de nouveau réuni quelques jours plus tard mais n'a pas été en mesure d'obtenir l'approbation du gouvernement Maiteg en raison d'un nombre insuffisant de députés présents.

Le Parlement libyen est profondément divisé et devait être dissous en février. Les islamistes ont présenté une motion pour prolonger son mandat, mais après des manifestations d'opposants, le Parlement a accepté de tenir un vote rapidement, sans toutefois établir de date.

De son côté, l'Union européenne a semblé prendre ses distances avec le général renégat, dimanche, l'émissaire de Bruxelles en Libye, Bernadino Leon, ayant confié à des journalistes que l'UE n'était pas en contact avec lui.