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25/05/2014 04:51 EDT | Actualisé 24/07/2014 05:12 EDT

Le pape affiche sa solidarité avec les Palestiniens lors de sa visite à Bethléem

BETHLÉEM, Territoire palestinien - Le pape François a exprimé son appui aux aspirations des Palestiniens durant son pèlerinage en Terre sainte, dimanche, soutenant la demande de reconnaissance d'un État palestinien, priant solennellement devant la barrière de séparation érigée par Israël et qualifiant d'«inacceptable» la paralysie des négociations de paix.

Dans une initiative imprévue, le pape a organisé une rencontre entre les présidents israélien et palestinien au Vatican le mois prochain. Cet événement, qui devrait rester largement symbolique, montre comment François tente d'utiliser sa popularité pour devenir une force morale en faveur de la paix dans le monde.

Au deuxième jour de sa tournée au Proche-Orient, le pape est arrivé à Bethléem, berceau du christianisme, avant de se rendre en Israël en soirée pour la dernière partie de son séjour.

Même si François a été accueilli chaleureusement par ses hôtes israéliens, son passage à Bethléem a été sans contredit le moment fort de sa journée.

«Je suis avec vous», a-t-il dit à un groupe d'enfants palestiniens du camp de réfugiés Deheishe à Bethléem. Il a aussi partagé un repas en privé avec cinq familles palestiniennes, qui lui ont parlé de leurs souffrances causées par les politiques israéliennes.

Les autorités palestiniennes ont salué la décision du pape de référer à «l'État de Palestine». Dans le programme officiel de la visite papale, le Vatican qualifie Mahmoud Abbas de «président de l'État de Palestine» et son bureau de Bethléem est appelé le «palais présidentiel». Le pape a dit de M. Abbas qu'il était un «homme de paix».

Le souverain pontife a affirmé que les deux camps devaient accepter de faire des sacrifices pour créer deux États aux frontières reconnues par la communauté internationale et fondés sur la sécurité et le respect des droits de tous. Il a appelé les deux parties à éviter toute action qui pourrait faire dérailler le processus de paix.

Aux côté de M. Abbas, François a déclaré que «le temps est venu de mettre un terme à cette situation, qui est devenue de plus en plus inacceptable».

Le président palestinien a pour sa part exprimé ses préoccupations quant au plus récent blocage des négociations de paix avec les Israéliens et s'est plaint des conditions de vie difficiles des Palestiniens.

M. Abbas s'est dit favorable à une intervention du pape dans le conflit. «Nous accueillons toute initiative de vous pour que la paix devienne une réalité en Terre sainte», a-t-il dit.

Après cette rencontre, le véhicule du pape s'est arrêté devant une section de la barrière de séparation de la Cisjordanie, qui encercle la ville de Bethléem sur trois côtés.

François s'est levé, a mis une main sur le mur, a incliné la tête et a fait une courte prière devant un graffiti qui disait «Palestine libre».

Dans un autre geste imprévu, le pape a invité M. Abbas et le président israélien, Shimon Peres, à le rejoindre au Vatican afin de prier ensemble pour la paix. «J'offre ma maison au Vatican comme lieu pour cette rencontre de prière», a dit François.

Les bureaux des deux présidents ont rapidement annoncé qu'ils acceptaient l'invitation. Les Palestiniens ont affirmé que la rencontre aurait lieu le 6 juin.

Shimon Peres, un lauréat du prix Nobel de la paix âgé de 90 ans, occupe une fonction honorifique, et la rencontre au Vatican sera essentiellement symbolique. Elle risque toutefois d'indisposer le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.

En soirée, le pape a atterri à l'aéroport international de Tel Aviv, où il a été chaudement accueilli par une garde d'honneur.

Il a profité de l'occasion pour condamner la fusillade meurtrière survenue samedi dans un musée juif de la Belgique, qui a fait quatre morts. François a déploré un «acte criminel de haine antisémite».

Le pape a également appelé à une «solution juste et durable» afin que les Israéliens et les Palestiniens vivent en paix côte à côte. François a affirmé que les Israéliens méritaient de vivre dans la paix et la sécurité «à l'intérieur de frontières internationalement reconnues» et que les Palestiniens avaient «le droit de vivre dans la dignité et la liberté de mouvement» sur leur propre territoire.

Le pape a également condamné l'Holocauste, le qualifiant de «symbole persistant des profondeurs dans lesquelles la méchanceté humaine peut sombrer». François doit visiter lundi le centre commémoratif national de l'Holocauste de Yad Vashem.