NOUVELLES
25/05/2014 12:00 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

La démocratie a causé du tort à la Thaïlande, selon un porte-parole de l'armée

BANGKOK - Un porte-parole de l'armée thaïlandaise a déclaré, dimanche, que la démocratie avait causé du tort à la Thaïlande alors que la junte militaire ayant pris le pouvoir tentait de calmer les critiques de la communauté internationale et que des centaines de manifestants confrontaient des soldats au centre de Bangkok.

Les manifestations se sont poursuivies depuis que l'armée a pris la tête du pays, jeudi, après des mois de conflit entre le gouvernement élu et un mouvement de protestation, et les leaders militaires ont prié la population de faire preuve de patience.

L'armée demeure toutefois évasive au sujet des politiciens et les autres personnes qu'elle a convoqués et placés en détention, dont l'ancienne première ministre Yingluck Shinawatra, qui s'est rendue aux autorités militaires vendredi.

Certaines rumeurs voulaient que Mme Shinawatra ait été libérée dimanche, mais l'un de ses collaborateurs a affirmé que la politicienne avait été transférée à un autre endroit, mais pas relâchée.

Samedi, le porte-parole de l'armée, le colonel Weerachon Sukondhapatipak, avait affirmé que plus de 100 personnes étaient présentement détenues, mais le site Prachatai et des opposants au coup d'État ont soutenu qu'il y avait eu de nombreuses autres arrestations, en plus de la liste d'individus sommés de se présenter devant les militaires.

Des troupes ont été déployées, dimanche, dans l'un des quartiers commerciaux les plus achalandés de Bangkok et ont bloqué l'accès à l'aérotrain afin d'empêcher la tenue d'une troisième journée consécutive de rassemblements contre le coup d'État. Ils ont été accueillis par une foule d'environ 1000 personnes criant «Partez, partez, partez!».

Le leader de la junte, le général Prayuth Chan-ocha, a justifié sa décision de s'emparer du pouvoir en disant que l'armée avait le devoir d'agir pour éviter la violence et mettre un terme à une crise politique déclenchée par des manifestations antigouvernementales qui ont fait 28 morts et plus de 800 blessés.

Ces protestations s'inscrivaient dans le cadre d'un bras de fer entre les partisans de l'ex-premier ministre Thaksin Shinawatra, le frère de Yingluck, qui a lui-même été renversé par un coup d'État en 2006 avant de s'exiler, et leurs opposants appuyés par l'élite traditionnelle du pays.