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25/05/2014 12:16 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

La Belgique diffuse des images du tueur du Musée Juif, un quatrième mort

La justice belge a diffusé dimanche des vidéos et des photos montrant l'auteur de l'attaque contre le Musée juif de Bruxelles, qui a fait quatre morts, dont deux touristes israéliens et une Française, et fait resurgir le spectre de l'antisémitisme.

24 heures après la fusillade, la police a mis en ligne trois extraits de vidéos de caméras de surveillance sur lesquels on voit l'inconnu s'approcher du Musée juif, y entrer et, dans le hall, tirer à plusieurs reprises avec une kalachnikov sortie d'un sac noir.

L'homme "est de corpulence moyenne, athlétique et se déplace souplement", souligne l'avis diffusé sur le site de la police fédérale (www.polfed-fedpol.be).

"La priorité des priorités est de retrouver cet homme. On doit l'arrêter et l'empêcher de sévir", a déclaré la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet. "Il faut rassurer les personnes de la communauté juive", a-t-elle ajouté, après avoir renforcé au niveau 4, le plus élevé, la sécurité des synagogues, des écoles et des centres culturels juifs.

L'attaque survenue samedi peu avant 16H00 (14H00 GMT) a fait dimanche un quatrième mort, le jeune réceptionniste du musée qui avait été hospitalisé dans un état très grave. Ce décès, annoncé par des associations juives mais pas officiellement confirmé, s'ajoute à ceux d'un couple de touristes israéliens et d'une bénévole française.

Inédite dans l'histoire récente de la Belgique, cette fusillade a été unanimement condamnée dans ce pays, où elle a "assombri" la journée électorale, selon le Premier ministre Elio Di Rupo. Elle "est dans la tête de tous les citoyens" appelés à un triple scrutin législatif, régional et européen.

A l'étranger, le pape François a exprimé son "profond chagrin" à l'occasion de sa visite en Israël, où la classe politique a vivement réagi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que cette attaque était le résultat de "l'incitation à la haine permanente" contre les Juifs et contre Israël. Le "caractère antisémite" de l'attaque "ne fait pas de doute", a assuré le président français François Hollande.

- Une nouvelle affaire Merah ? -

Le Congrès juif européen a rappelé que la fusillade s'était produite deux ans après l'affaire "Mohamed Merah", du nom de ce Franco-Algérien qui avait tué quatre Juifs, dont trois enfants, et trois militaires dans le sud-ouest de la France en 2012. "Deux ans après les meurtres sauvages de Toulouse, il s'agit à nouveau d'un exemple de ce à quoi mènent la haine et l'antisémitisme", a-t-il estimé.

Paris a annoncé dimanche un renforcement de la protection des lieux juifs en France, où deux hommes ont été agressés samedi soir à la sortie de la synagogue de Créteil (banlieue parisienne).

Plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux responsables politiques, se sont rassemblées en fin d'après-midi devant le Palais de justice de Bruxelles pour manifester leur solidarité avec la communauté juive.

Toute la journée, des bouquets de fleurs et des bougies ont été déposés devant le musée, situé dans le coeur historique de la capitale belge.

Se recueillant devant les portes fermées, Colette Gradom, 66 ans, a déclaré à l'AFP que si la piste antisémite se confirmait, "la montée de l'antisémitisme, qu'il vienne d'extrême droite ou des extrémistes musulmans" serait "terriblement dangereuse".

La communauté juive belge, forte d'environ 40.000 personnes, vivait ces dernières années dans un climat relativement serein, aucun attentat à caractère antisémite n'ayant été recensé en Belgique depuis les années 1980.

Le Musée juif, qui se veut un lieu ouvert à tous, ne bénéficiait pas d'une protection particulière. Les responsables de la communauté juive n'avaient fait état d'aucune menace, même si certains d'entre eux avaient mis en garde contre "le contexte de recrudescence actuelle de l'antisémitisme en Belgique et en Europe", selon le Consistoire Central de Belgique.

La justice belge a prôné la prudence, précisant ne pas être en mesure de confirmer qu'il s'agissait d'un "acte terroriste ou antisémite", selon la porte-parole du parquet fédéral.

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