NOUVELLES
25/05/2014 09:32 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

Il y a 50 ans, le pape Paul VI rencontrait le patriarche Athénagoras à Jérusalem

Le dialogue que le pape François rouvre dimanche à Jérusalem avec Bartholomée, chef spirituel des orthodoxes, s'inscrit dans la lignée d'un sommet il y a 50 ans entre Paul VI et Athénagoras, qui initia un rapprochement entre catholiques et orthodoxes.

La rencontre historique a eu lieu à Jérusalem, alors sous contrôle jordanien, en deux sessions, les 5 et 6 janvier 1964, en plein concile Vatican II.

Elle a scellé le début de la réconciliation entre les Eglises d'Occident (catholique) et d'Orient (orthodoxe), dix siècles après le schisme qui a divisé la chrétienté en 1054.

Ce schisme entre Rome et Constantinople a eu des raisons politiques et religieuses: l'Orient se considérait comme la patrie des Pères de l'Eglise quand l'Occident carolingien voulait exercer son autorité sur l'ensemble du monde chrétien.

La rupture est survenue quand le légat du pape a prononcé l'excommunication du patriarche de Constantinople, scindant la chrétienté entre une église d'Occident sous l'autorité du pape, et une église orthodoxe.

La première rencontre entre Paul VI et Athénagoras s'est déroulée le soir du 5 janvier à la représentation diplomatique du Vatican à Jérusalem, sur les pentes du Mont des Oliviers.

Cette réunion de près d'une heure s'est déroulée à huis clos et s'est achevée par une prière commune.

Pour la seconde rencontre, Paul VI a rendu sa visite à Athénagoras dans la villa du patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, également sur le Mont des Oliviers.

Là, les deux chefs religieux ont échangé un baiser de paix, se donnant une longue accolade, puis tous les participants ont récité ensemble le "Notre Père" en latin et en grec, symbole d'unité. Le pape et le patriarche ont ensuite donné leur bénédiction commune.

Les deux responsables ont également levé les excommunications mutuelles de 1054.

Dans le même esprit, Jean Paul II a solennellement rendu en 2004 aux orthodoxes des reliques des saints Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome, enlevées en 1204 lors d'une croisade détournée vers Constantinople.

La prière commune du pape François avec les patriarches des Eglises catholiques et orthodoxes d'Orient dimanche au Saint-Sépulcre de Jérusalem, lieu selon la tradition de la mort et de la résurrection de Jésus, se veut le point d'orgue de son pèlerinage, pour commémorer cette rencontre, tournant dans l'histoire de l'Eglise.

agr/fcc