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25/05/2014 05:42 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

France: renforcement de la sécurité autour des lieux de culte juifs, agression à la sortie d'une synagogue

Les autorités françaises ont ordonné un renforcement de la protection des lieux de culte juifs, après l'attaque de Bruxelles, tandis que deux juifs ont été agressés samedi soir à la sortie d'une synagogue en région parisienne.

Le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve a, dès samedi soir, "donné instruction à tous les préfets de renforcer immédiatement la sécurisation des établissements liés au culte israélite ou à la culture juive", a annoncé dimanche le ministère dans un communiqué.

Cette instruction est intervenue quelques heures après une fusillade au Musée juif de Bruxelles faisant trois morts et un blessé grave.

En région parisienne, deux hommes "de confession israélite" ont été agressés samedi soir à la sortie de la synagogue de Créteil, a également annoncé dimanche Bernard Cazeneuve, condamnant cet acte "avec une très grande sévérité".

Samedi soir vers 20h30, à la sortie de cette synagogue, deux frères en tenue traditionnelle juive ont été agressés par deux hommes qui les ont roués de coups, a-t-on précisé de sources policières.

Les victimes, âgées de 18 et 23 ans, qui se rendaient à l'office du soir, font partie d'une famille très respectée de la communauté juive de Créteil, selon le responsable religieux de la synagogue Chaaré Tsion, Salomon Ben Admon.

Leurs agresseurs ont pris la fuite, l'un à pied, l'autre à vélo. Ils sont activement recherchés, alors que la police a été saisie d'une enquête.

Les victimes, souffrant de multiples contusions, mais dont les jours ne sont pas en danger, ont été transportées par les pompiers à l'hôpital, toujours selon les sources policières. Un des deux frères est sorti de l'hôpital, selon la communauté juive de la ville.

Pour le maire socialiste de Créteil, Laurent Cathala, "l'agression est à caractère antisémite, c'est indiscutable", tandis que la préfecture du Val-de-Marne reste "prudente" sur la nature antisémite de l'incident "à ce stade de l'enquête".

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a condamné dimanche dans un communiqué "avec une très grande sévérité" cette agression, survenue le même jour que la fusillade à Bruxelles.

"C'est l'enquête qui devra déterminer si le caractère antisémite" de l'agression "est avéré, certains premiers éléments le laissent penser. Mais de toute façon, il y a une inquiétude légitime de la communauté juive et au-delà de nos concitoyens, inquiétude à laquelle il faut apporter une réponse", a précisé un porte-parole du ministère.

Le ministre a dit sa "détermination sans faille à combattre celles et ceux qui, par leurs actes meurtriers ou leurs paroles nauséabondes, propagent le racisme et l'antisémitisme et mettent à mal la cohésion dont notre société a plus que jamais besoin".

Tout comme la fusillade de Bruxelles, l'agression de Créteil a été condamnée par plusieurs organisations de la communauté juive.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) s'est dit "horrifié". "Le rythme des agressions est devenu insupportable, attisé dans l'ombre par ceux, antisémites, révisionnistes, qui aujourd'hui propagent cette haine et en font même commerce", ajoute le Crif.

Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) estime que "les juifs sont de nouveau en danger dans plusieurs pays de l'Union européenne", évoquant une "situation inquiétante et persistante (...) due à la stigmatisation d'Israël, de son armée, de son gouvernement, autant que des divagations antijuives de prétendus humoristes, idéologues, extrémistes de droite et de gauche".

L'attaque de Bruxelles a été sévèrement condamnée samedi soir par le président François Hollande, pour qui son caractère antisémite "ne fait aucune doute" et les principaux responsables de la communauté juive de France.

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