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25/05/2014 09:16 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

Européennes/GB: victoire historique pour l'Ukip europhobe

L'Ukip europhobe de Nigel Farage a remporté une victoire historique aux élections européennes avec un score de 27,5% qui pèsera lourd dans le débat national sur la place du Royaume-Uni dans ou en dehors de l'UE.

Alors que son image tournait en boucle lundi sur les chaînes de télévision d'information en continu, Nigel Farage, 50 ans, goûtait son triomphe et ses 24 eurodéputés élus, confiant au cours d'une conférence de presse en début d'après-midi être "immensément fier" de voir "son rêve devenu réalité".

"Vous n'avez pas fini d'entendre parler de nous", a-t-il dit triomphalement, affichant clairement ses ambitions pour les élections législatives de mai 2015.

"L'armée populaire de l'Ukip a parlé, et a délivré le résultat le plus extraordinaire en 100 ans de vie politique britannique", s'est-il vanté.

Depuis 1906, aucun autre parti que ceux des conservateurs et des travaillistes n'a remporté un scrutin national.

Le Premier ministre David Cameron a imputé lundi cette victoire de l'Ukip à "la profonde désillusion" éprouvée au Royaume-Uni à l'égard de l'UE et a affirmé avoir "complètement reçu et compris" le message.

Ecartant "tout pacte" avec l'Ukip, David Cameron a martelé que le parti conservateur était le seul à pouvoir et vouloir organiser un référendum sur la place du pays dans l'UE.

Il s'est toutefois refusé à accélérer le calendrier de ce vote qu'il a promis pour 2017, s'il est réélu. Dès dimanche, Nigel Farage avait prêché en ce sens.

Parmi les 70 sièges de députés européens élus dans 11 des 12 régions électorales du Royaume-Uni, 24 sont revenus à l'Ukip, soit 11 de plus que dans le Parlement sortant. Lundi à 15h30 GMT, les résultats pour les trois sièges d'Irlande du Nord manquaient encore.

Le Labour d'opposition arrivait ensuite avec 25,4% et 20 eurodéputés. Les conservateurs au pouvoir, vainqueurs des précédentes Européennes, étaient relégués en troisième position à 23,9% des suffrages et 19 eurodéputés. L'abstention s'établissait à 65,8%.

Pour les libéraux-démocrates europhiles, membres du gouvernement de coalition, le scrutin s'apparente à une véritable débâcle. Ils enregistraient un score médiocre de 6,9%, terminant en cinquième position derrière les Verts, et ne conservaient plus qu'un siège de député, après en avoir perdu 10.

Face aux appels à la démission formulés au sein même de son parti, le vice-Premier ministre Nick Clegg a rejeté cette éventualité, affirmant vouloir "finir le travail" malgré ces résultats "ulcérants et déchirants".

- Surenchère eurosceptique -

L'Ukip a progressé sur l'ensemble du territoire, aux dépens des conservateurs dans le sud et dans les fiefs travaillistes du nord. Il a décroché son premier siège en Ecosse où les indépendantistes du SNP ont maintenu leur deux sièges au Parlement de Strasbourg, à quatre mois d'un référendum d'autodétermination historique.

Le "séisme" promis avait été précédé d'une première secousse lors d'élections locales organisées en même temps que les Européennes jeudi. L'"UK Independence Party" (Ukip, Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni) ayant réalisé à cette occasion une percée dans les conseils municipaux.

L'Ukip apparaît désormais comme un quatrième acteur de poids dans le paysage politique britannique et oblige les autres partis à clarifier sinon radicaliser leurs positions sur l'Europe, dans un pays traditionnellement eurosceptique.

Plusieurs médias conservateurs ont avancé ce week-end que le gouvernement s'apprêtait à introduire très prochainement une législation renforcée contre l'immigration.

Si l'Ukip n'a pour l'instant aucun député à Westminster, il espère en décrocher plusieurs aux législatives de mai prochain et a affirmé lundi se concentrer pour remporter la partielle convoquée à Newark (centre de l'Angleterre) en juin et ainsi "faire monter la pression" dans le camp conservateur.

Au Parlement européen, il a jusqu'ici refusé toute alliance formelle avec le Front national, qui est arrivé en tête en France, avec 24,96%.

"Nous allons avoir un bon nombre d'eurosceptiques élus au Parlement européen", s'est cependant félicité M. Farage, qui rêve d'une minorité de blocage des anti-UE.

"Je ne veux pas seulement que la Grande-Bretagne quitte l'Union européenne, je veux que l'Europe abandonne l'Union européenne", a-t-il souligné, convaincu d'avoir remporté la première bataille.

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