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25/05/2014 06:13 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

De Lviv à Kiev, les Ukrainiens votent en masse pour élire leur président, l'Est privé de scrutin

Les Ukrainiens votaient en masse dimanche, à l'exception des régions séparatistes de l'Est, pour élire un nouveau président qui aura la tâche difficile de mettre fin à l'insurrection prorusse et pacifier les relations avec la Russie.

Après six mois d'une crise politique suivie avec inquiétude par les Européens et qui a tourné à la confrontation entre Russes et Occidentaux, le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko est le grand favori du scrutin.

Selon les sondages, il est crédité de plus de 44% des intentions de vote devant l'ancienne égérie de la révolution orange de 2004 Ioulia Timochenko.

"La première chose à faire, c'est apporter la paix à tous les citoyens ukrainiens. Et les personnes armées doivent quitter les rues des villes et des villages", a déclaré M. Porochenko après avoir voté dans le centre de Kiev.

Votant dans sa ville natale Dnipropetrovsk, l'ancienne Premier ministre Ioulia Timochenko a répété son credo: "un référendum sur l'adhésion de l'Ukraine à l'Otan pour ramener la paix en Ukraine".

Au total, plus de 36 millions d'électeurs sont appelés aux urnes, de la nationaliste Lviv à l'Ouest à l'ancienne capitale Kharkiv et à la perle de la mer Noire Odessa, ainsi qu'à Kiev.

- Longues files d'attente -

"J'espère que cette élection ramènera enfin la paix en Ukraine", résumait Oleg, un homme d'affaires de 38 ans votant à Lviv, à 80 km de la Pologne.

Une enseignante de 31 ans, Irina Myssak, attend du président élu qu'il "conduise l'Ukraine à l'Otan et à l'Union européenne". "Et je ne veux plus jamais voir ce qui se déroule dans l'Est", ajoute-t-elle en référence à l'insurrection armée prorusse qui a gagné les régions frontalières de la Russie, théâtre de combats avec l'armée ukrainienne qui ont fait plus de 150 morts depuis le 13 avril.

Dans la capitale, Kiev, les électeurs patientaient dans de longues files d'attente pour voter et choisir leur nouveau président, ainsi que leur nouveau maire.

"Je vote Ioulia", dit Raïssa Podlesniouk, 73 ans, en référence à Mme Timochenko. Petro "Porochenko ce sera un autre Ianoukovitch, c'est un oligarque, il n'a même pas osé débattre avec Ioulia à la télé", ajoute la retraitée en référence au fait que le favori du scrutin a été ministre de l'Economie dans le gouvernement de l'ancien président déchu Viktor Ianoukovitch.

- Bureaux de vote fermés dans l'est -

Mais dans l'Est séparatiste où les insurgés ont prévenu qu'ils feraient tout pour empêcher le déroulement du scrutin, l'immense majorité des bureaux de vote sont restés fermés. Selon la Commission centrale électorale, seul un quart des districts électoraux des régions de Lougansk et de Donetsk fonctionnait.

Et par exemple, dans le bastion rebelle de Donetsk, aucun bureau de vote n'a ouvert et les rues de la ville étaient désertes.

"L'Ukraine est maintenant un autre pays, donc je ne vois pas pourquoi nous devrions prendre part à cette élection", a déclaré à l'AFP Elisabeta, dans le centre-ville de Donetsk. "Peu importe le résultat, cela ne nous concerne plus aujourd'hui", a-t-elle ajouté.

Le scrutin avait peu de chances de se dérouler entre peur des électeurs d'aller voter, commissions électorales locales sous le contrôle des séparatistes ou tout simplement parce que les urnes et les bulletins de vote n'ont pas pu arriver jusqu'à tous les bureaux de vote.

- Victoire annoncée de Porochenko -

Petro Porochenko, 48 ans, est le grand favori du scrutin malgré une campagne sans éclat où il a assuré le service minimum.

Le milliardaire, qui s'engage à gérer l'Ukraine comme il gère sa très prospère entreprise de fabrication de chocolats Roshen, n'est pas assuré d'être élu au premier tour et devra peut-être patienter jusqu'à un hypothétique second tour le 15 juin.

Ses principaux rivaux, Ioulia Timochenko, qui prône un référendum sur une adhésion à l'Otan, et le prorusse Serguiï Tiguipko, qui promet une normalisation des relations économiques avec la Russie, rêvent d'un second tour où les cartes seraient rebattues.

Vendredi, le président russe Vladimir Poutine, dont la gestion de la crise avec l'Ukraine dans la foulée du dossier syrien a consacré le retour de la Russie sur le devant de la scène internationale, avait esquissé un geste d'apaisement en annonçant qu'il respecterait le "choix du peuple ukrainien" et travaillerait avec le chef de l'Etat élu.

- Recrudescence de violences dans l'est -

La fin de la campagne a été marquée par la recrudescence de combats sur le "front de l'est", dans la région de Donetsk où 26 personnes, en majorité des soldats ukrainiens, ont péri dans des combats entre séparatistes et forces loyales à Kiev.

Dans la ville de Slaviansk, bastion des insurgés armés prorusses qui connait des combats quotidiens, un membre des forces spéciales du ministère ukrainien de l'Intérieur a été tué et deux autres blessés samedi.

Dans la même région, un photographe italien et son traducteur russe ont été tués par des tirs d'obus. Il s'agit du premier journaliste tué dans l'Est depuis le début des combats en avril. Un photographe français a également été blessé.

bur-kat/ml