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25/05/2014 03:22 EDT | Actualisé 24/07/2014 05:12 EDT

Bahreïn: Nabil Rajab veut un "dialogue sérieux" pour résoudre la crise politique

Le militant bahreïni des droits de l'Homme, Nabil Rajab, a plaidé dimanche, au lendemain de sa libération, pour "un dialogue sérieux" entre pouvoir et opposition afin de résoudre la crise politique qui dure depuis plus de trois ans dans le pays.

"Malheureusement, la situation aujourd'hui est pire que quand je suis entré en prison, en raison d'une recrudescence de la violence, que nous rejetons", a déclaré M. Rajab par téléphone à l'AFP.

Bahreïn, petit pays du Golfe dirigé par la dynastie sunnite des Al-Khalifa, est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation animé par la majorité chiite.

M. Rajab, un chiite, président du Centre des droits de l'Homme à Bahreïn et secrétaire général adjoint de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), a retrouvé la liberté samedi après avoir purgé une peine de prison de deux ans pour participation à des manifestations non autorisées.

"La seule solution est un dialogue sérieux entre la famille royale et l'opposition", dominée par le mouvement chiite Al-Wefaq, a insisté M. Rajab.

"Les tentatives de dialogue entreprises par le passé n'ont pas été sérieuses et étaient plutôt des messages destinés à rassurer l'opinion publique internationale", à propos de la situation à Bahreïn, a-t-il estimé.

L'opposition, dominée par Al-Wefaq, milite pour l'instauration d'une véritable monarchie constitutionnelle.

Elle a participé à deux rounds de dialogue national avant de quitter la table des négociations en estimant ne pas obtenir assez de concessions de la part du pouvoir.

"On ne peut continuer à juger les gens, à restreindre les libertés et à réprimer les manifestations, car la violence ne produit pas de solutions politiques", a encore insisté M. Rajab.

Les autorités ont durci les sanctions pour les personnes impliquées dans les violences qui accompagnent les manifestations, et des dizaines de chiites ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

M. Rajab a affirmé qu'il continuerait à soutenir "les manifestations pacifiques et à rejeter la violence d'où qu'elle vienne".

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