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25/05/2014 10:33 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

Attaque de Bruxelles: le pape François exprime son "profond chagrin"

Le pape François a exprimé dimanche à Tel Aviv son "profond chagrin" pour les victimes de l'attaque du Musée juif de Belgique, dénonçant un "acte criminel de haine antisémite" et estimant qu'il ne devait pas y avoir de place pour l'intolérance.

"Je suis profondément attristé, mes pensées vont à ceux qui ont perdu leur vie dans l'attaque à Bruxelles. Je confie leur âme à Dieu", a déclaré le chef de l'Eglise catholique, sortant du texte préparé pour son discours d'arrivée en Israël devant le président Shimon Peres et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Cet attentat, dans lequel quatre personnes --dont deux touristes israéliens-- ont trouvé la mort, a suscité un choc immense en Belgique comme dans le reste de l'Europe, ainsi qu'en Israël.

Lors de la cérémonie à l'aéroport de Tel Aviv, François a plaidé pour "une éducation où il n'y ait pas de place pour l'antisémitisme ni pour une quelconque expression d'hostilité, de discrimination ou d'intolérance envers des personnes et des peuples".

Lors du conseil des ministres dimanche matin, M. Netanyahu avait salué la "position ferme" du pape sur l'antisémitisme.

"Nous apprécions la position ferme du pape contre l'antisémitisme au vu spécialement de la haine croissante contre les juifs dont nous sommes témoins ces derniers jours", a-t-il déclaré.

Dans son discours, le pape François a répété devant les dirigeants israéliens que "la solution de deux Etats", qu'il a préconisée à Bethléem devant le président palestinien Mahmoud Abbas, devait "devenir réalité et ne pas demeurer un rêve".

"Je renouvelle l'appel que, de ce lieu, Benoît XVI avait lancé: qu'il soit universellement reconnu que l'Etat d'Israël a le droit d'exister et de jouir de la paix et de la sécurité dans des frontières internationalement reconnues. Qu'il soit également reconnu que le peuple palestinien a le droit à une patrie souveraine, à vivre avec dignité et à voyager librement. Que la solution de deux Etats devienne réalité et ne demeure pas un rêve".

Quelques heures plus tôt, François s'était arrêté pour prier devant la barrière de séparation coupant les Territoires palestiniens d'Israël et qui avait invité MM. Abbas et Peres à venir dans sa "maison" au Vatican pour prier pour la paix.

"En union avec tous les hommes de bonne volonté, je supplie tous ceux qui sont investis de responsabilité de ne laisser passer aucune tentative pour la recherche de solutions équitables aux difficultés complexes (...). Il faut entreprendre toujours avec courage et sans se lasser la voie du dialogue, de la réconciliation et de la paix. Il n'y en a pas d'autre", a-t-il martelé.

Le Moyen-Orient, "où se sont produits les principaux événements liés à la naissance et au développement des trois grandes religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l'islam (....) est le point de référence spirituel pour une bonne partie de l'humanité", a-t-il rappelé.

"Je souhaite donc que cette terre bénie soit un lieu où il n'y ait aucune place pour celui qui, en instrumentalisant et en exacerbant la valeur de sa propre appartenance religieuse, devient intolérant et violent envers celle d'autrui", a-t-il imploré.

Le pape a aussi estimé que sa visite lundi au mémorial de Yad Vashem, érigé en souvenir des six millions de juifs victimes de la Shoah, serait "un moment particulièrement touchant" de son voyage.

"Cette tragédie demeure comme un symbole du point où peut arriver la méchanceté de l'homme quand, fomenté par de fausses idéologies, il oublie la dignité fondamentale de chaque personne, qui mérite un respect absolu quel que soit le peuple auquel elle appartient et la religion qu'elle professe", a-t-il dit.

"Je prie Dieu pour que plus jamais ne se produise un tel crime, dont ont été victimes aussi tant de chrétiens et d'autres", a insisté François.

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