NOUVELLES
25/05/2014 07:20 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

Appel à témoins pour retrouver le tueur du Musée juif, l'antisémitisme mis en cause

La justice belge a lancé dimanche un appel à témoins pour retrouver l'auteur de l'attaque contre le Musée juif de Bruxelles, qui a fait trois morts --deux touristes israéliens et une Française--, et fait resurgir le spectre de l'antisémitisme.

L'attaque a été menée par un homme "probablement seul" et "bien préparé", a annoncé dimanche une porte-parole du parquet, qui a lancé "un appel à la collaboration de la population pour l'arrêter".

L'attaque n'ayant pas été revendiquée et aucun suspect, identifié, la police va diffuser dimanche en début d'après-midi un appel à témoins avec des photos prises par des caméras de surveillance.

La personne interpellée samedi en fin de journée, et entendue comme témoin, a été remise en liberté.

La porte-parole a indiqué que les trois morts étaient deux Israéliens et une Française, qui était probablement une bénévole, selon les informations du musée. Une quatrième victime, de nationalité belge, chargé de l'accueil des visiteurs, était dimanche dans un "état très critique".

Les deux victimes israéliennes étaient un couple de touristes d'une cinquantaine d'années habitant Tel-Aviv, a précisé le ministère israélien des Affaires étrangères.

Dès samedi, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait affirmé que cette attaque était le résultat de "l'incitation à la haine permanente" contre les Juifs et contre Israël. Le "caractère antisémite" de l'attaque "ne fait pas de doute", a assuré le président français François Hollande.

Mais la justice belge a indiqué dimanche que "toutes les pistes" restaient "ouvertes" et qu'elle ne pouvait "confirmer" qu'il s'agissait d'un "acte terroriste ou antisémite".

Dimanche, quelques bouquets de fleurs et des bougies avaient été déposés devant le musée. Un fourgon de police stationnait dans la rue.

Colette Gradom, 66 ans, très émue, devant le lieu de la tragédie, déclare à l'AFP que si la piste antisémite se confirmait, "la montée de l'antisémitisme, qu'il vienne d'extrême droite ou des extrémistes musulmans"...serait "terriblement dangereuse".

- "Attaque contre les valeurs de l'Europe" -

Le Congrès juif européen a rappelé que la fusillade s'était produite deux ans après l'affaire "Mohamed Merah", du nom de ce Franco-Algérien qui avait tué quatre Juifs, dont trois enfants, et trois militaires à Toulouse, dans le Sud-Ouest de la France en 2012. "Deux ans après les meurtres sauvages de Toulouse, il s'agit à nouveau d'un exemple de ce à quoi mènent la haine et l'antisémitisme", a-t-il estimé.

Parallèlement, deux hommes ont été agressés samedi soir à la sortie de la synagogue de Créteil, en région parisienne. Les mesures de protection des lieux juifs ont été renforcées en France.

Les autorités belges ont décidé elles aussi de renforcer au niveau 4 --le stade maximal-- les mesures de sécurité aux abords des lieux fréquentés par la communauté juive. Cette dernière, forte d'environ 40.000 personnes en Belgique, vivait dans un climat relativement serein, aucun attentat à caractère antisémite n'ayant été recensé en Belgique depuis les années 1980.

L'attaque s'est déroulée en quelques minutes, peu avant 16H00 (14H00 GMT) dans le quartier très animé et commercial du Sablon. Un homme portant "un sac noir" a pénétré dans le musée. Il a d'abord ouvert le feu sur le couple de touristes, avant de se diriger vers la réception où il a tiré sur les deux autres personnes, avant de repartir dans la rue.

Le Musée juif, qui se veut un lieu ouvert à tous, ne bénéficiait pas de protection particulière. Les responsables de la communauté juive n'avaient fait état d'aucune menace, même si certains d'entre eux avaient mis en garde contre "le contexte de recrudescence actuelle de l'antisémitisme en Belgique et en Europe", selon le Consistoire Central de Belgique.

Le quotidien belge Le Soir a souligné, dans un éditorial publié sur son site internet, "le potentiel déstabilisateur d'un tel acte" survenu quelques heures seulement avant un triple scrutin "crucial" en Belgique avec des élections législatives, régionales et européennes.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a dénoncé "une attaque contre les valeurs mêmes de l'Europe".

jri-cb/jlb/abk