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24/05/2014 09:13 EDT | Actualisé 24/05/2014 09:13 EDT

Le pape François aborde la partie la plus risquée de son pélerinage en Terre sainte

Jordan Pix via Getty Images
AMMAN, JORDAN- MAY 24: Pope Francis blesses people as he leads a mass in the Latin church near the River Jordan in Bethany beyond the Jordan River, the site of Christ's baptism, west of Amman, Jordan, 24 May 2014. during his three day visit to the Middle East. Jordan expressed hope that Pope Francis's visit to the Holy Land would help the cause of regional stability, including the advancement of the stalled Middle East peace talks. (Photo by Jordan Pix /Getty Images)

Le pape François aborde dimanche, dans les Territoires palestiniens et en Israël, la partie la plus épineuse de son premier voyage en Terre sainte, dont le moment fort sera une prière oecuménique à Jérusalem pour l'unité des chrétiens.

Après une étape chaleureuse en Jordanie, où il a plaidé pour une «solution pacifique» à la guerre en Syrie et fraternisé avec des réfugiés, le souverain pontife devait s'envoler en début de matinée pour Bethléem, lieu de naissance de Jésus, en Cisjordanie occupée.

Là, dans une ville pavoisée en son honneur, il rencontrera le président palestinien Mahmoud Abbas avant de présider une grand-messe devant l'église de la Nativité, sur la place de la Mangeoire, pour 9 603 privilégiés qui ont reçu des invitations. Ce sera son second bain de foule, après celui du stade d'Amman, dans une voiture découverte.

«Le pape François donnera son opinion sur les Palestiniens. Ils sont sa principale préoccupation dans ce voyage», veut croire Kevin, un Indien chrétien marié à une Palestinienne, habitant Bethléem, tenant une affiche de bienvenue qu'il a confectionnée lui-même.

«Il a une véritable humanité, comme les précédents papes, mais il l'exprime plus librement. Il a choisi d'être au milieu du peuple», estime-t-il.

Le souverain pontife ira aussi dialoguer avec des enfants du camp de réfugiés proche de Dheisheh, puis déjeunera avec des familles palestiniennes défavorisées.

«La bonne nouvelle pour nous Palestiniens, c'est que le pape vient. Il arrivera en hélicoptère directement de Jordanie en Palestine, à Bethléem, et c'est une forme de reconnaissance de la Palestine», s'est félicité le père Jamal Khader, porte-parole pour la partie palestinienne de la visite.

Selon le Vatican, François devrait affirmer le droit pour Israël «d'exister et de jouir de la paix et de la sécurité», mais aussi celui du peuple palestinien «d'avoir une patrie souveraine et indépendante».

Il devrait également appeler à la reconnaissance du «caractère sacré et universel» de la ville de Jérusalem ainsi que de son «héritage culturel et religieux» qui en font un «lieu de pèlerinage pour les fidèles des trois religions monothéistes», soit 3 milliards de croyants.

«Homme de paix»

Etape suivante, l'aéroport Ben Gourion à Tel-Aviv où il sera officiellement accueilli en Israël par le président Shimon Peres. «Nous l'accueillons en homme de paix», a affirmé M. Peres dans un entretien publié samedi par le quotidien français Le Figaro.

Les Arabes chrétiens d'Israël - descendants des Palestiniens qui sont restés sur leur terre après la création de l'Etat hébreu en 1948 - n'ont pas caché leur déception devant la brièveté du voyage du pape, qui, contrairement à ses prédécesseurs, ne viendra pas les voir.

Il se rendra ensuite à Jérusalem pour le point culminant - du point de vue strictement religieux - de son pèlerinage oecuménique.

François y rencontrera le patriarche de Constantinople, Bartholomée, le chef spirituel de l'Eglise orthodoxe dans le monde, 50 ans après le sommet historique entre le pape Paul VI et le chef de l'Eglise orthodoxe de l'époque, Athénagoras.

Le moment fort de cette rencontre sera une prière commune avec les chefs des Eglises chrétiennes d'Orient dans la basilique du Saint-Sépulcre, sur le site de la crucifixion et de la résurrection de Jésus, selon la tradition.

Relancer l'élan oecuménique entre Eglises chrétiennes très divisées et le dialogue inter-religieux sont parmi les priorités du pontificat de François.

«Le pape essaiera d'être équilibré», et donc de partager équitablement ses visites entre les lieux juifs, musulmans et chrétiens, a déclaré le rabbin Abraham Skorka, qu'il a emmené avec lui, ainsi qu'un professeur musulman, Omar Abboud, vieux amis de Buenos Aires, et symbole de cette volonté de dialogue.

Dans un Moyen-Orient troublé, la visite de ce pape rétif au protocole et qui a refusé une "papamobile" blindée donne aussi des sueurs froides à la sécurité.

Près de 3 000 membres des forces de sécurité palestiniennes seront mobilisés à Bethléem, en Cisjordanie, dont environ un tiers appartenant à la Garde présidentielle.

La police israélienne a mobilisé des milliers d'agents, un dispositif baptisé «Opération soutane blanche», et pris des mesures d'éloignement à l'encontre d'une quinzaine d'activistes d'extrême droite soupçonnés de vouloir «provoquer des troubles» durant le séjour du chef de l'Eglise catholique.

Ces mesures draconiennes font craindre aux habitants palestiniens de Jérusalem-Est occupé et annexé que François ne voie de la Vieille ville que des ruelles désertées de leur population chrétienne.

Le pape conclura son pèlerinage lundi par une série de visites dans les hauts lieux musulmans, juifs et chrétiens de Jérusalem et des entretiens avec les dirigeants israéliens.

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