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23/05/2014 11:12 EDT | Actualisé 23/05/2014 11:12 EDT

Train ou bus rapide sur le pont Champlain? Québec relance le débat

MTQ

L'intégration d'un train léger sur le futur pont Champlain est remise en question par le nouveau gouvernement libéral qui semble plutôt privilégier l'option d'un bus rapide.

Tout en précisant que sa décision n'était pas encore prise, le ministre des Transports Robert Poëti a déploré en entrevue à Radio-Canada les coûts élevés pour la construction du système léger sur rail (SLR) et le délai qu'entraînerait son entrée en service qu'il estime, au mieux, à 2021-2022.

Il reproche au précédent gouvernement, qui s'était commis en faveur du SLR, d'avoir engagé une somme de 28 millions de dollars pour des études sur le projet sans l'avoir budgété dans le programme québécois des infrastructures. « Il faut trouver la meilleure solution en tenant compte de notre capacité aussi de payer », explique le ministre Poëti.

« Je ne peux pas ne pas tenir compte des coûts. C'est impensable. Ce sont les citoyens du Québec qui vont payer. » — Robert Poëti

Le ministre soutient que son ministère prendra une décision à la fin du mois de juin sur le choix du projet de transport collectif pour accompagner le futur pont Champlain.

Un « cauchemar » pour Projet Montréal

L'argument du coût du SLR fait bondir le chef de l'opposition à la Ville de Montréal, Richard Bergeron. « C'est presqu'un cauchemar cette affaire-là. On pensait qu'on aurait un nouveau pont Champlain avec un SLR, que c'était dans la poche », dit-il.

Ce dernier souligne que le ministre des Transports oublie de comptabiliser les frais d'exploitation d'un système de bus rapide. « Ce qui coûte cher, ce sont les salaires, les chauffeurs d'autobus. » M. Bergeron précise qu'un chauffeur de SLR permet de transporter de 600 à 1000 personnes à la fois, alors qu'un chauffeur d'autobus déplace un maximum de 80 passagers à la fois, dans un autobus simple, et 110 dans le cas d'un bus articulé.

« Les frais d'exploitation peuvent faire changer la donne financière quand on le calcule sur 10, 15 ou 20 ans. » — Richard Bergeron

M. Bergeron ajoute qu'il faudra construire une infrastructure au centre-ville pour accueillir les bus, dont le nombre doublera si le système de bus rapide est adopté. Une construction dont les coûts doivent être ajoutés au projet de bus rapide.

M. Poëti avance également que le SLR ne pourrait être prêt avant 2021-2022 parce que sa construction ne pourrait se faire en même temps que la construction du pont.

Un argument réfuté par M. Bergeron qui croit que la portion montréalaise pourrait être construite en même temps que le pont. Il ajoute que le corridor réservé pour le futur SLR ou les autobus est déjà en place et les autobus l'utilisent.

« Il n'y a pas de raison pour qu'on ne le fasse pas en même temps et qu'on inaugure le tout en 2018. » — Richard Bergeron

Quant à l'avantage environnemental d'un train léger sur rail, M. Poëti souligne qu'il existe déjà des autobus électriques et hybrides.

Relations tendues avec l'AMT

Le nouveau ministre des Transports doit par ailleurs rencontrer aujourd'hui le président de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), Nicolas Girard. Les relations entre M. Poëti et M. Girard, un ancien député péquiste, sont déjà tendues.

Cette semaine, le ministre fut mécontent de découvrir dans un quotidien montréalais le contenu d'un rapport sur le SLR commandé par l'AMT. « Est-ce que c'est une façon de comprendre comment on doit travailler ensemble quand on veut améliorer, pour l'ensemble des Québécois, la circulation vers Montréal? », s'interroge M. Poetti, irrité par la fuite du rapport dans les médias.

Le ministre Poëti se défend toutefois d'être à couteaux tirés avec M. Girard. « Je ne suis pas en campagne électorale, je suis mandaté par le gouvernement, par les citoyens, pour travailler pour eux », explique le ministre. Il poursuit en expliquant qu'il est prêt à travailler avec M. Girard « s'il veut apporter de bonnes solutions, s'il veut nous aider à aller de l'avant ».

« Ce qu'on a vraiment besoin, c'est un transport collectif amélioré, c'est ça qu'on va faire », poursuit le ministre. Il ajoute qu'il évaluera tous les scénarios.

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