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22/05/2014 12:44 EDT

Ricochet: combattre la crise des médias avec une nouvelle plateforme indépendante

Alors que les mauvaises nouvelles s'enchaînent dans le milieu médiatique québécois, une poignée de jeunes journalistes et de militants a décidé de prendre le taureau par les cornes et de créer ses propres emplois dans le milieu.

Parmi les collaborateurs de Ricochet, on compte l'ex-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois, la chroniqueuse Anne Lagacé Dowson, la co-fondatrice de Idle No More Québec Melissa Mollen Dupuis et le professeur de philosophie Julien Villeneuve - aussi connu comme Anarchopanda.

«Dans le Québec et dans le reste du monde, c'est un moment de mutation et d'adaptation pour les médias. À côté de cette crise se développe de nouvelles opportunités de percer et d'aller chercher un public qui n'est plus rejoint par les médias traditionnels, un public qui ne lit plus les journaux papier», explique Jérémie Bédard-Wien, l'un des instigateurs du projet et lui aussi ancien co-porte-parole de l'ASSÉ.

Financement participatif

En effet, le nouveau média ne sera disponible qu'en ligne, puisque la priorité va à la rémunération de ses journalistes et de ses chroniqueurs. Les donations de sociofinancement atteignaient déjà 12 200$ après 24 heures d'activité. Ricochet se donne 30 autres jours pour atteindre l'ambitieux objectif de 75 000$.

Les donateurs pourront «influencer la couverture offerte par Ricochet» et participer aux décisions de l'équipe, peut-on lire sur le site web, mais cette interaction sera limitée, prévient Jérémie Bédard-Wien. Le public pourra soumettre des idées ou encore participer aux réunions de production, mais pas question que Ricochet soit à la merci de ses donateurs.

L'équipe de Ricochet ne se fait pas d'illusions, il devra y avoir de la publicité pour s'assurer des revenus stables. «Mais pas comme celles de La Presse+. Il y aura certaines pubs provenant de groupes qui partagent nos idées.»

«On compte trouver un équilibre pour recueillir tous les points de vue sur des enjeux d'actualité et creuser les sujets qui ne sont pas nécessairement couverts par les grands médias, comme questions autochtones ou environnementales», ajoute Jérémie Bédard-Wien.

Quant aux chroniques et aux articles d'opinion, Ricochet compte les réserver pour ses collaborateurs qui s'illustrent ou qui se sont illustrés dans des milieux plus militants. Julien Villeneuve, par exemple, sortira de son rôle de mascotte et publiera sous son propre nom.

Réunir les deux solitudes

Il y aura deux éditions, dans les deux langues officielles du Canada. Bien que l'équipe de Ricochet soit basée à Montréal pour l'instant, Jérémie Bédard-Wien soutient que la version française ne sera pas québécoise, mais «francophone».

Selon lui, les grands médias ne se limitent qu'aux mêmes sujets. Les intérêts du Canada anglais sur le Québec, eux, se résument au printemps étudiant et à la Charte des valeurs. Avec un nouveau média indépendant, l'objectif est de réunir anglophones et francophones pour faire du journalisme, tout simplement.

LIRE AUSSI (en anglais): Is It Time For Independent Crowd-Funded Media Outlets? - Toula Drimonis

La première édition de Ricochet pourrait sortir dès l'automne prochain si le financement est au rendez-vous. À la fin de l'entrevue, il y avait déjà 200$ de plus dans la cagnotte.

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