POLITIQUE
22/05/2014 08:00 EDT | Actualisé 22/05/2014 08:00 EDT

Mourir dans la dignité : deux associations prêtes à contester la loi devant les tribunaux

Caroline d'Astous

Le réseau citoyen Vivre dans la dignité (VDD) et le Collectif des médecins contre l’euthanasie envisagent de contester la constitutionnalité du projet de loi 52, concernant les soins en fin de vie, si ce dernier est adopté par l’Assemblée nationale dans sa forme actuelle.

«Malgré tous nos efforts depuis quatre à cinq ans, il reste que les gens ne semblent pas avoir pris conscience que l’aide médicale à mourir est de l’euthanasie, dénonce le docteur Marc Beauchamp, président de VDD. On parle de médecins qui vont injecter une seringue pour tuer leurs patients.»

Les deux associations ont tenu, cet après-midi, une conférence de presse commune à Montréal. Le but : réagir aux récentes déclarations du premier ministre Philippe Couillard concernant son intention de présenter et de faire adopter l’ancien projet de loi péquiste, mieux connu sous le nom Mourir dans la dignité, d’ici la fin de la présente session parlementaire.

Pour eux, une «telle démarche requiert une motion unanime des membres de l’Assemblée nationale, tous partis confondus». Ce qui ne semble pas être le cas, disent-ils, puisque le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a «affirmé que le vote libre ne s’appliquerait qu’au vote en troisième lecture et non à la motion de réintroduction».

L’avocat Michel Racicot, vice-président de VDD, se demande pour sa part comment les «17 députés et ministres libéraux qui ont voté contre le projet de loi quand ils étaient dans l’opposition peuvent maintenant être d’accord et voter en faveur du même projet de loi».

«On appelle à la conscience des députés, dit-il. Si un député n’est pas capable de prendre une seringue pour tuer son père ou sa sœur, alors il ne peut pas voter pour adopter cette loi».

Pour le président de VDD, la loi 52 «provoquerait des choses terribles» dans les hôpitaux, en plus de «causer un préjudice à la médecine». «Cette loi va mettre le trouble dans toutes les unités de soins au Québec», plaide le docteur Beauchamp.

En revanche, le docteur Beauchamp pense que le gouvernement Couillard devrait «augmenter les soins palliatifs», et ce, avant d’adopter la loi sur les soins en fin de vie.

En entrevue à TVA Nouvelles, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a qualifié la sortie des deux associations de simples «tactiques pour alerter la population de façon irresponsable». Il a également rappelé que le projet de loi reposait sur le consentement et la volonté de la personne.

Contestation devant les tribunaux

Afin de se faire entendre, les deux associations se disent prêtes à faire appel aux tribunaux pour contester la constitutionnalité des dispositions de la loi 52.

Selon eux, la loi «viole les Chartes des droits et libertés» du Canada et du Québec, en plus «d’empiéter sur la compétence fédérale en matière de droit criminel». «L’euthanasie constitue un homicide coupable en vertu du Code criminel», plaide Me Racicot.

Les deux associations comptent «faire appel à leurs membres pour financer », si nécessaire, la démarche juridique.

Vivre dans la dignité et le Collectif des médecins contre l’euthanasie regroupent plus de 625 médecins et 17 000 citoyens.

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