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21/05/2014 07:17 EDT | Actualisé 21/07/2014 05:12 EDT

Ken Loach publie son premier livre, manifeste pour un cinéma de résistance

LOIC VENANCE via Getty Images
British director Ken Loach arrives for the screening of the film 'Deux Jours, Une Nuit (Two Days, One Night) at the 67th edition of the Cannes Film Festival in Cannes, southern France, on May 20, 2014. AFP PHOTO / ALBERTO PIZZOLI (Photo credit should read LOIC VENANCE/AFP/Getty Images)

Le réalisateur britannique Ken Loach, qui présente jeudi à Cannes son nouveau film Jimmy's Hall, publie son premier livre, Défier le récit des puissants (Indigène), dans lequel ce cinéaste engagé défend son «esthétique de la résistance».

En librairie le 19 juin en France, Suisse romande, Belgique et Québec, l'ouvrage de Ken Loach est publié par les éditeurs de Indignez-vous!, avec le même genre de format (48 pages) que le best-seller de Stéphane Hessel.

«Nous faisons des films pour tenter de subvertir, créer du désordre et soulever des doutes (...). Il faut donc agiter, et c'est ce que nous essayons de faire: enrayer la mécanique, bousculer le statu quo, défier le récit des puissants», écrit dans ce manifeste le cinéaste de 77 ans.

Le réalisateur, Palme d'or 2006 pour Le vent se lève, s'insurge contre «l'esthétique de la soumission», les films formatés par Hollywood, défendant pour sa part une «esthétique de la résistance».

Pour qu'un film soit réellement politique, affirme le cinéaste qui a apporté plusieurs fois son soutien au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) français, «il doit y avoir une cohérence entre sa sensibilité et son contenu. C'est ce qui me dérange dans les grosses productions américaines qui traitent de "bons" sujets».

«Ce sont des films hollywoodiens, avec une star hollywoodienne, des films revendicatifs, avec un bon message, mais complètement pervertis par la méthode employée pour faire le film.»

Il explique encore ne jamais filmer un visage en gros plan: «c'est une image hostile, elle réduit l'acteur, le personnage à un objet». En revanche, «si la caméra se substitue à l'oeil, nous obtenons une réponse humaine».

Côté coût de production, il précise avoir eu pour Jimmy's Hall un budget un peu plus élevé que d'habitude, «quelque 5,5 millions de livres (environ 10 millions de dollars), car nous avions sept semaines de tournage et beaucoup de comédiens. Généralement, nous tournons assez vite, cinq jours par semaine, ce qui permet de garder une bonne énergie - et parce que certains pensent que je suis trop vieux pour travailler six jours!».

Le réalisateur partage sa vie entre ses films, sa maison de production Sixteen Films à Londres et Bath, où il vit avec sa famille. Défier le récit des puissants est écrit avec la collaboration de Frank Barat.

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