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05/05/2014 02:34 EDT | Actualisé 04/07/2014 05:12 EDT

Thaïlande: rare apparition du roi à l'approche d'une période critique

Des milliers de Thaïlandais ont salué lundi le révéré roi Bhumibol Adulyadej à l'occasion du 64e anniversaire de son couronnement, au moment où la crise politique secouant le pays depuis six mois entre dans une phase cruciale.

La rare apparition publique du roi, 86 ans, dans la station balnéaire de Hua Hin où il réside depuis sa sortie de l'hôpital l'an dernier, intervient alors que la Première ministre Yingluck Shinawatra risque dans les prochains jours la destitution, dans deux procédures distinctes.

Les discours du plus ancien monarque en exercice, roi depuis 1946 mais couronné le 5 mai 1950, sont très attendus, en particulier en période de crise, mais le souverain, considéré comme un demi-dieu par beaucoup de ses sujets, n'a rien dit.

Pendant que des milliers de Thaïlandais vêtus de jaune, couleur royale, criaient "vive le roi" dans les rues, une cérémonie a eu lieu au palais de Hua Hin en présence de la famille royale et des autorités militaires et politiques du pays, dont Yingluck.

La Première ministre fait face depuis l'automne à un mouvement de rue réclamant sa tête et la fin de l'influence de son frère Thaksin Shinawatra, ancien chef de gouvernement renversé par un coup d'Etat en 2006.

Depuis ce putsch, la Thaïlande est engluée dans un cycle de crises faisant descendre tour à tour dans la rue les ennemis et les partisans du milliardaire, qui reste malgré son exil le facteur de division du royaume.

La crise en cours a déjà fait au moins 25 morts.

Les législatives du 2 février, perturbées par les manifestants qui accusent le clan Shinawatra d'avoir mis en place un système de corruption généralisée, ont été invalidées par la justice.

De nouvelles élections ont été programmées pour le 20 juillet, mais Yingluck, qui expédie les affaires courantes depuis la dissolution du Parlement en décembre, pourrait n'être plus à son poste pour ce vote.

Elle est convoquée mardi devant la Cour Constitutionnelle qui l'accuse d'avoir transféré un haut fonctionnaire de manière inappropriée. Et la Commission anticorruption l'accuse d'autre part de négligence dans le cadre d'un programme controversé d'aide aux riziculteurs.

Les deux procédures pourraient mener à sa destitution.

Aucune date n'a été annoncée pour les décisions, mais les partisans des deux camps, pariant sur des annonces dans les dix prochains jours, ont programmé de nouvelles manifestations pour cette occasion.

Le Parti démocrate, principale formation de l'opposition qui avait boycotté le scrutin de février, a de son côté refusé de soutenir les nouvelles élections.

Son chef Abhisit Vejjajiva a appelé samedi le gouvernement à la démission, pour faire place à une administration intérimaire nommée qui superviserait des réformes, avant un référendum sur ces réformes non précisées et des élections dans les six mois.

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