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05/05/2014 06:49 EDT | Actualisé 05/07/2014 05:12 EDT

La Russie bannit les jurons dans les arts et les médias

Bertrand Rindoff Petroff via Getty Images
PARIS, FRANCE - JANUARY 09: A general view of the Arop Charity Gala with 'Ballet du Theatre Bolchoi' held at Opera Garnier on January 9, 2014 in Paris, France. (Photo by Bertrand Rindoff Petroff/Getty Images)

Le président russe, Vladimir Poutine, a signé lundi une loi qui vise à bannir le langage grossier au cinéma, au théâtre, dans la musique et dans les médias en général.

Il s'agit de la dernière d'une série de lois adoptées ces dernières années qui restreignent la liberté d'expression et augmentent le contrôle d'Internet dans le plus vaste pays du monde.

Le projet complète la loi, déjà en vigueur, qui interdit de prononcer des obscénités dans les lieux publics - une loi adoptée à la suite de la condamnation de membres du groupe punk Pussy Riot qui avaient récité une « prière anti-Poutine » dans une église orthodoxe en 2012.

La nouvelle loi entrera en vigueur le 1er juillet. Les amendes pourront atteindre jusqu'à 2500 roubles (77 $) pour les citoyens et 100 000 roubles (3060 $) pour les entreprises. Les entités qui contreviennent à la loi de façon répétée se verront frapper d'un interdit de publication qui peut aller de 90 jours à un an.

Les livres ou les produits vidéo ou audio utilisant un langage grossier ou contenant des jurons devront aussi être marqués d'un avertissement.

Le texte législatif ne dresse pas la liste des expressions ou mots interdits, mais précise que les propos devront respecter les « normes de la langue littéraire russe moderne ». Dans les cas les plus ambigus, un comité d' « experts » devra statuer pour savoir s'il y a effectivement eu outrage à la langue russe.

Un des architectes de cette loi est le député Stanislav Govorukhin, un réalisateur aussi connu pour ses positions pro-Poutine.

Plusieurs personnalités russes du domaine du théâtre, de la musique et de la littérature ont dénoncé la nouvelle législation, qu'ils considèrent comme une atteinte grave à leur liberté d'expression et de création. Des détracteurs accusent aussi le pouvoir en place de revenir à la censure de l'époque soviétique.

« Alors, il ne nous reste plus qu'à interdire Pouchkine, Essénine, Maïakovski? », a lancé l'écrivain Sergueï Shargunov en entrevue au quotidien britannique The Guardian, faisant référence à la riche tradition littéraire russe, dont les écrivains les plus connus utilisent nombre d'expressions colorées.

Une autre loi qui a aussi reçu la sanction présidentielle lundi prévoit des amendes pour les blogueurs dont les sites ont plus de 3000 visites par jour et qui publient des obscénités ou des jurons.

Il est impossible dans l'immédiat de savoir si la loi s'appliquera aux utilisateurs des médias sociaux.

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