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05/05/2014 06:32 EDT | Actualisé 05/07/2014 05:12 EDT

"Rien ne doit pouvoir entraver" l'élection présidentielle du 25 mai en Ukraine (Hollande)

Le président françois François Hollande a estimé lundi que rien ne devait "entraver" l'élection présidentielle du 25 mai en Ukraine alors que l'est du pays est en proie à des troubles séparatistes et que les violences ont gagné Odessa.

"L'élection présidentielle du 25 mai doit se tenir et rien ne doit pouvoir l'entraver", a déclaré le chef de l'Etat français, dans une déclaration à l'Elysée, aux côtés du Premier ministre japonais, Shinzo Abe.

Ce scrutin "doit se tenir dans toute l'Ukraine, ce qui suppose qu'il y ait un accord général qui puisse être trouvé pour que l'élection puisse être acceptée", a ajouté M. Hollande.

"Nous avons des relations avec la Russie qui permettent de convaincre les autorités russes et notamment le président (Vladimir) Poutine que la seule voie possible c'est le dialogue et donc la désescalade", a-t-il aussi estimé.

Soulignant que la "Russie continue d'intensifier la tension", Shinzo Abe a de son côté jugé "important" que l'élection présidentielle ukrainienne "soit un succès". "La porte reste ouverte à la solution diplomatique", a dit le Premier ministre japonais.

Dans la matinée, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait critiqué la position "contradictoire" de la Russie, qui s'oppose à l'élection présidentielle en Ukraine mais appelle les Syriens à voter pour le président Bachar al-Assad.

"Je remarque en passant une contradiction insoutenable de nos partenaires russes. D'un côté, ils disent +il ne faut pas d'élections en Ukraine+, alors que c'est la sortie par la paix, et de l'autre, en Syrie, alors qu'il y a la guerre, qu'il y a 150.000 morts, il faut voter pour M. Bachar Al-Assad au début du mois de juin", avait déclaré M. Fabius à l'antenne de la radio France Inter.

Les troubles séparatistes dans l'est de l'Ukraine et les violences récentes à Odessa ont conduit l'Ukraine au bord de la guerre civile. La détérioration de la situation complique chaque jour un peu plus l'organisation d'une présidentielle. Depuis la destitution fin février du président Viktor Ianoukovitch après un vaste mouvement de contestation sur le Maïdan de Kiev, un président et un gouvernement intérimaires dirigent le pays.

Moscou, qui ne reconnaît pas ce gouvernement, considère que la tenue d'une élection serait "absurde" dans le contexte actuel.

Les Occidentaux pour leur part accusent les Russes d'entretenir les troubles en Ukraine.

"Si les élections du 25 mai n'ont pas lieu - ces élections présidentielles qui sont la sortie normale d'une crise -, nous passerons au stade 3 des sanctions", a prévenu M. Fabius.

Vendredi, le président Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel avaient déjà menacé la Russie de nouvelles sanctions qui viseraient directement certains secteurs économiques, en cas de dégradation de la situation en Ukraine.

swi-kat/ros