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05/05/2014 10:48 EDT | Actualisé 05/07/2014 05:12 EDT

Nigeria: une des meneuses du mouvement de libération des lycéennes arrêtée

Une Nigériane, Naomi Mutah, comptant parmi les chefs de file de la campagne de libération des centaines lycéennes enlevées par Boko Haram a été arrêtée lundi après un entretien avec la première dame Patience Jonathan, selon des militants.

Le bureau de la première dame a cependant démenti des informations selon lesquelles Madame Jonathan aurait elle-même ordonné cette arrestation.

Naomi Mutah faisait partie de la délégation qui a rencontré Mme Jonathan dimanche, dans la soirée, pour évoquer le sort de plus de 200 adolescentes enlevées dans leur lycée de Chibok, dans l'Etat de Borno (nord-est) le 14 avril.

Un groupe baptisé "Bring back our girls" (Ramenez nos filles) a organisé une série de manifestations dans tout le pays pour demander au gouvernement et à l'armée de faire plus d'efforts pour libérer les otages.

Hadiza Bala Usman, l'organisatrice des manifestations, a déclaré à l'AFP que Mme Mutah avait été arrêtée vers 3 heures du matin (02h00 GMT) à la résidence du président parce qu'elle s'était présentée comme la mère d'une des adolescentes enlevées.

"On lui a dit qu'elle avait menti en se présentant comme la mère d'une des filles de Chibok alors qu'elle ne l'est pas", a déclaré Mme Usman à l'AFP.

Or Mme Mutah, qui est originaire de Chibok et qui a participé à l'organisation des manifestations, représentait un groupe de mères n'ayant pas pu se rendre à Abuja pour rencontrer Mme Jonathan, selon Mme Usman.

Mme Mutah a été arrêtée "à la demande de la première dame", a ajouté Mme Usman.

La police a refusé de commenter cette affaire pour l'instant.

"La première dame n'a pas ordonné d'arrêter qui que ce soit, j'en suis sûr" a déclaré pour sa part Ayo Adewuyi, le porte-parole de Mme Jonathan, à l'AFP.

Les accusations selon lesquelles la première dame aurait ordonné cette arrestation ont largement circulé sur Twitter, où le mouvement "#bringbackourgirls" prend de plus en plus d'ampleur au Nigeria et dans le monde.

Dans une vidéo obtenue lundi par l'AFP, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a revendiqué l'enlèvement des plus de 200 jeunes filles.

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