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05/05/2014 02:05 EDT | Actualisé 05/07/2014 05:12 EDT

Les Nations unies comparent les agressions sexuelles du clergé à de la torture

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Pope Francis gestures during his weekly general audience in Saint Peter's square at Vatican on April 23, 2014. AFP PHOTO / ANDREAS SOLARO (Photo credit should read ANDREAS SOLARO/AFP/Getty Images)

GENÈVE - La manière dont le Vatican a géré les agressions sexuelles commises par le clergé à travers le monde est comparable à de la torture, a affirmé lundi un comité des Nations unies qui se penche sur le dossier.

Cette affirmation permet de croire que le refus du Vatican d'enquêter sur les agresseurs et leurs supérieurs pourrait avoir des répercussions juridiques plus vastes.

Mais le principal émissaire du Vatican à Genève, l'archevêque Silvano Tomasi, affirme que le Saint-Siège redouble d'efforts pour s'attaquer au problème des prêtres pédophiles.

«Il y a eu, dans plusieurs secteurs bien documentés, une stabilisation et même un déclin du nombre de cas de pédophilie», a-t-il déclaré au comité d'experts onusiens responsables de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, que le Vatican a ratifiée en 2002.

Lors de la première comparution du Saint-Siège devant ce comité, les experts ont essentiellement bombardé le Vatican de questions acides auxquelles il devra tenter de répondre mardi. Ils ont ainsi demandé pourquoi le rapport du Vatican sur son application du traité est en retard de près de 10 ans, et pourquoi le Vatican croit que sa responsabilité de protéger contre la torture se limite à l'État de la Cité du Vatican, un petit pays de moins de 1000 habitants.

«J'aimerais que vous nous disiez comment vous vous assurez que la prohibition criminelle contre la torture au Vatican s'applique à tous les individus sur qui le Saint-Siège a juridiction», a ainsi dit une membre du comité, Felice Gaer.

Des experts ont prévenu que les répercussions juridiques pour l'Église pourraient être importantes, si le comité conclut que les agressions systématiques correspondent à de la torture. L'Église fait face à de multiples poursuites à travers le monde, après que des dizaines de milliers d'enfants aient été agressés et violés par des prêtres.

L'avocate new-yorkaise Katherine Gallagher, du Centre pour les droits constitutionnels, estime qu'une telle conclusion pourrait entraîner une multiplication des poursuites, puisqu'aucun délai de prescription ne s'applique dans les affaires de torture.

Mme Gallagher, dont le groupe représente des victimes du clergé, a expliqué que le viol peut représenter une forme juridiques de torture en raison d'éléments d'intimidation, de coercition et d'abus de pouvoir.

«Les questions du comité sur la torture portaient vraiment sur la violence sexuelle et le viol, et ils ont indiqué que ces gestes tombent sous la définition de la torture et des obligations du Vatican en vertu de la convention sur la torture, a-t-elle dit. Si le comité sur la torture détermine que c'est un des crimes les plus importants, ça ouvrirait un tout autre niveau de poursuites et de responsabilités.»

Le comité onusien, qui est composé d'experts indépendants, publiera ses conclusions le 23 mai.

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