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05/05/2014 03:08 EDT | Actualisé 05/07/2014 05:12 EDT

Le mouvement coopératif est sous-estimé, selon la pdg du Mouvement Desjardins

MONTRÉAL - Le mouvement coopératif est sous-estimé à travers le monde, selon la présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins qui croit que le Québec devrait en profiter afin de devenir un pôle d'expertise mondial.

Monique Leroux croit que de plus en plus de gens devraient se tourner vers ce modèle d'affaires, qui, à son avis, a prouvé sa solidité ainsi que sa résilience, particulièrement en traversant avec succès les années de turbulences économiques provoquées par la crise financière mondiale de 2008.

Selon elle, Desjardins, la Coop fédérée ainsi qu'Agropur, pour ne nommer que celles-ci, sont des exemples de réussite, puisque ces coopératives représentent quelque 65 000 personnes.

«Nous avons une masse critique au Québec, et, dans le monde global dans lequel on vit, c'est important d'aller chercher ce que j'appelle une différenciation stratégique», a dit Mme Leroux, lundi, à l'occasion d'une rencontre sur le deuxième Sommet international des coopératives, qui se tiendra à Québec, en octobre, et qui devrait accueillir plus de 3000 participants.

En plus de regrouper 3300 entités au Québec, les revenus des 300 plus grandes entreprises coopératives et mutualistes réparties à travers le monde ont été de plus de 2097 milliards $ US en 2011, a fait valoir la dirigeante de Desjardins. De plus, 624 coopératives ont vu le jour dans la province au cours des cinq dernières années, soit une moyenne annuelle de 124.

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi le modèle d'affaires coopératif est méconnu, selon Mme Leroux, qui croit notamment que les universités ont un rôle à jouer afin de changer cette situation.

«De façon générale, les gens qui s'en vont dans des facultés de gestion n'ont pas nécessairement de formation en lien avec les coopératives, a-t-elle souligné. Je pense qu'au Québec ont a les capacités pour prendre un leadership par rapport à cela.»

Mme Leroux a néanmoins souligné que l'Université de Montréal et l'Université de Sherbrooke avaient intégré diverses facettes du modèle coopératif dans l'enseignement. De plus, l'Université Concordia possède un Institut d'enseignement coopératif.

Elle croit également que les coopératives ont une part de responsabilité, puisqu'elles n'ont peut-être pas fait la promotion nécessaire afin de vanter les mérites du modèle d'affaires, comme la formule de coopérative de travailleurs actionnaires.

«Vous avez un entrepreneur, qui n'a pas de relève familiale, et ça ne lui tente pas de vendre son entreprise à n'importe qui, a imagé Mme Leroux. Le modèle de coopérative d'employés actionnaires a été en mesure de racheter l'entreprise pour ensuite faire la transition.»

Le Mouvement Desjardins a donné l'exemple de l'entreprise de services funéraires Magnus Poirier pour illustrer les propos tenus par sa présidente et directrice générale.

Mme Leroux croit que le deuxième Sommet international des coopératives devrait permettre de donner davantage de visibilité aux outils visant à structurer la capitalisation des coopératives, comme le Fonds alliance coopération, qui a vu le jour lors du premier événement, en 2012.

D'après cette dernière, la capitalisation de ce fonds — destiné à mettre du capital adapté à la disposition des coopératives — atteint près de 60 millions $, alors que ses engagements financiers sont de l'ordre d'environ 15 millions $.

«Quand on part une entreprise, on est souvent seul à prendre le risque, a souligné Mme Leroux. La coopérative permet (...) de partager le risque à travers un nombre de personnes. Ce n'est pas l'unique réponse, mais une formule pour compléter les outils pour développer plus d'entreprises au Québec.»

Le Sommet international des coopératives n'en est qu'à ses premiers pas, mais cela n'empêche pas la dirigeante du Mouvement Desjardins de le voir devenir un événement incontournable, à l'instar du Forum économique de Davos, en Suisse.

L'événement qui se tiendra du 6 au 9 octobre dans la Vieille-Capitale devrait réunir des conférenciers, représentants d'autorités réglementaires et d'organisations internationales issus du milieu coopératif. Des dignitaires politiques sont aussi attendus.

Mme Leroux n'a pas confirmé qu'il y aurait un troisième Sommet, en 2016, mais s'est montrée confiante de le voir devenir un événement «incontournable» propre à la ville de Québec.

«Je suis profondément convaincue que nous avons besoin au Québec d'avoir un certain nombre d'événements internationaux, a-t-elle dit. Cela nous amène à une ouverture sur le monde (...) et ça amène de l'activité économique importante.»

La pdg du Mouvement Desjardins estime qu'en plus d'entraîner des retombées économiques pour la province, le Sommet devrait aussi stimuler le développement de relations d'affaires entre les participants.

Mme Leroux affirme que des coopératives des quatre coins du monde vont profiter du Sommet pour s'inspirer des façons de faire du Québec dans ce domaine.