POLITIQUE
05/05/2014 07:02 EDT

Lafarge veut faire annuler la subvention de la cimenterie de Port-Daniel-Gascons

PC

QUÉBEC - Le groupe de cimenterie français Lafarge espère que le contexte budgétaire difficile incitera le gouvernement Couillard à annuler la subvention de près de 500 millions $ accordée à son futur compétiteur, la cimenterie de Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie.

L'investissement a été consenti par le gouvernement Marois avant les élections. La somme provient du gouvernement, d'Investissement Québec et de la Caisse de dépôt. Le projet du promoteur Ciment McInnis est dirigé par Laurent Beaudoin, de Bombardier. Au coût total d'un milliard, le projet créerait environ 400 emplois. Les travaux devraient débuter au mois de mai.

Le 4 avril dernier, le rapport Godbout-Montmarquette prévoyait un déficit budgétaire de 3,7 milliards $ en 2014-2015, si aucune mesure n'est prise. Le gouvernement Couillard réfléchit depuis à un moyen de réduire ses dépenses. «C'est sûr que le gouvernement va avoir à revoir des projets, on espère que ça va être un de ceux qui vont être revus», explique Karine Cousineau, chef du service, communications et affaires publiques, Québec, du groupe Lafarge.

Les représentants de Lafarge ont déjà écrit aux nouveaux ministres concernés et espèrent une rencontre bientôt. Dans leur inscription au Registre des lobbyistes au mois de janvier dernier, les représentants de Lafarge écrivaient souhaiter que le gouvernement «n’accorde pas une aide financière quelconque à ce projet».

Avec d'autres organismes, Lafarge a créé le Regroupement pour l'équité dans l'industrie cimentière québécoise. Le groupe réunit une trentaine d'organismes, selon Karine Cousineau. «Le but du groupe est que le gouvernement n'aille pas de l'avant avec ce projet», dit Karine Cousineau. Elle estime que la subvention crée une «iniquité» pour les autres joueurs de l'industrie.

D'ailleurs les quatre cimenteries québécoises - Holcim Canada, Ciment Québec, Lafarge et Colacem Canada - affirment produire uniquement à 60 % de leur capacité. Pour Karine Cousineau, la décision du gouvernement Marois d'accorder cette subvention était «purement politique». «Il y avait une élection qui s'en venait», note-t-elle.

Il est à noter que Lafarge et la suisse Holcim prévoient une fusion qui fera passer ses revenus combinés à 32 milliards d'euros. Lafarge est en partie propriété d'une filiale de Power Corporation. Le président et chef de la direction de cette dernière, Paul Desmarais fils, siège au conseil d'administration de Lafarge.

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