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05/05/2014 05:37 EDT | Actualisé 05/07/2014 05:12 EDT

Harper doit comprendre que la position des libéraux a évolué, dit Poëti

QUÉBEC - Plaidant pour une solution de compromis, le ministre des Transports, Robert Poëti, a invité lundi le gouvernement fédéral à comprendre que la position des libéraux a changé à propos du péage sur le pont Champlain.

Lors d'une rencontre lundi avec Denis Lebel, ministre fédéral de l'Infrastructure, M. Poëti a répété que le nouveau gouvernement du premier ministre Philippe Couillard ne veut pas obliger les automobilistes à payer leur passage sur le pont, lorsqu'il sera reconstruit d'ici 2018.

Dans une entrevue téléphonique, M. Poëti a reconnu que la position des libéraux a pu évoluer vers une opposition au péage qui n'était pas aussi claire lorsque l'idée a été avancée par Ottawa en 2011.

M. Poëti a aussi souligné que le maire de Montréal, Denis Coderre, a remplacé Gérald Tremblay, d'accord avec le principe d'un pont payant.

«Ce n'est pas moi qui ai dit ça, ce n'est pas moi qui étais là, ce n'était pas M. Couillard qui était là, et ce n'était pas M. Coderre qui était là, a-t-il dit. C'est possible qu'effectivement, je comprends que ç'a évolué au niveau des perceptions et des intentions et des orientations des gens qui sont élus par les citoyens depuis ce temps-là.»

En 2011, le ministre des Finances d'alors, Raymond Bachand, responsable de la métropole, avait accepté le principe d'un péage sur «les nouvelles infrastructures».

Son collègue Pierre Moreau, alors titulaire des Transports, avait été plus réservé, affirmant que cette question devait être examinée en détail.

Le premier ministre Jean Charest n'avait quant à lui exprimé aucune objection claire, se limitant à dire que «dans la mesure où on offre une alternative aux automobilistes, c'est la règle générale du péage».

Le gouvernement péquiste qui a suivi s'était opposé à la notion de péage sur le nouveau pont Champlain.

Selon M. Poëti, qui ne considère pas le nouveau pont comme une «nouvelle structure», M. Harper doit maintenant prendre acte que M. Couillard a lui aussi refusé cette option durant la dernière campagne électorale.

«Oui, moi je pense que M. Harper doit comprendre ça, doit aussi comprendre la réalité actuelle de nos gouvernements communs, a-t-il dit. Mais c'est sûr que sur ça, on ne s'entend pas.»

De passage à Montréal la semaine dernière, M. Harper avait rappelé que des représentants municipaux et québécois étaient d'accord sur le principe qu'un financement local était nécessaire.

Lundi, M. Poëti a affirmé qu'il a confiance de trouver un compromis avec le gouvernement fédéral au cours des prochaines années, afin d'éviter que les automobilistes soient astreints au péage sur le nouveau pont Champlain.

«C'est à nous à démontrer ce qu'on peut faire, ce qu'on pourrait suggérer et moi sur quatre ans, j'ai encore l'espoir d'une possibilité d'évolution aussi du gouvernement fédéral, parce qu'on va travailler en collaboration et dans ce dossier, peut-être également cette possibilité-là, sans faire marche arrière, mais peut-être aussi de s'apercevoir qu'on a des options qui sont parallèles et qui pourraient répondre aux attentes du gouvernement fédéral, les nôtres, du provincial, du municipal», a-t-il dit.

Sans préciser quelles pourraient être les solutions pour éviter le péage, M. Poëti a maintenu le principe que le gouvernement fédéral doit assumer 100 pour cent de la construction du pont.

«Ce n'est pas une nouvelle structure, il y a une nette différence avec le pont de la 25, c'est une structure qui est le pont le plus utilisé au Canada, a-t-il dit. C'est un pont qui a non seulement besoin d'être réparé mais qui a besoin d'être changé, alors oui je maintiens que 100 pour cent des coûts doivent être assumés par le fédéral parce que ce sont des ponts fédéraux.»