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05/05/2014 04:58 EDT | Actualisé 05/07/2014 05:12 EDT

Guantanamo: un Saoudien boycotte la révision de son cas par peur d'une fouille

Un Saoudien de Guantanamo a refusé de participer lundi à l'audience de révision de sa situation, de peur d'être soumis à une fouille corporelle jusque dans ses parties intimes, a indiqué son défenseur.

La situation de Muhammad Abd Al-Rahman Al-Shumrani, 39 ans, dont 12 à Guantanamo, a été examinée en son absence par un comité de six membres chargé par l'administration de Barack Obama de se pencher sur le cas des hommes en détention illimitée, et d'envisager leur rapatriement ou leur libération dans un pays tiers.

Le Saoudien est le sixième détenu dont la situation est ainsi réexaminée par le "Periodic Review Board", qui a déjà recommandé le transfert de deux Yéménites et confirmé la détention d'un troisième. La décision n'a pas été rendue dans les autres cas.

C'est le deuxième détenu à refuser de participer à l'audience. Son représentant a expliqué que M. Al-Shumrani refusait systématiquement ses rendez-vous hors du centre de détention pour des raisons "très personnelles, liées à ses fortes convictions culturelles".

"Il a constamment affirmé son objection aux fouilles corporelles requises avant d'assister aux rencontres légales ou aux autres rendez-vous", a-t-il dit dans un communiqué. "Pour ce détenu, la fouille corporelle, telle qu'elle est conduite, qui exige que le gardien touche la région de ses organes génitaux, est humiliante et dégradante".

Mais cela ne signifie pas qu'il ne veuille pas "coopérer" ni qu'il représente "une menace significative pour les Etats-Unis", a estimé son défenseur. "C'est un homme qui veut recommencer à zéro et qui doit se voir accorder une seconde chance", a-t-il ajouté, précisant que son client voulait rentrer en Arabie saoudite, près de sa famille, pour y suivre le programme saoudien de réhabilitation prévu pour les ex-détenus de Guantanamo.

Pour le gouvernement américain, M. Al-Shumrani travaillait comme recruteur d'Al-Qaïda et des talibans en Arabie saoudite, avant de suivre un entraînement dans un camp en Afghanistan et de combattre "de façon presque certaine" contre les forces américaines et leurs alliés.

En prison, ce détenu "problématique et imprévisible" a "usé de sa position de chef religieux pour encourager d'autres détenus à ne pas coopérer avec le personnel pénitentiaire". Il a en outre "répété aux interrogateurs et aux autres détenus qu'il se réengagerait dans l'extrémisme s'il était relâché de Guantanamo".

Il est l'un des 45 détenus de Guantanamo, incarcérés sans inculpation ni procès, qui n'ont pas reçu d'"approbation pour transfert" de l'autorité militaire. Ils sont jugés trop dangereux pour être libérés mais ne peuvent pas être traduits en justice faute de preuves. Et 77 autres ont reçu cette "approbation pour transfert", ce qui signifie qu'ils sont théoriquement libérables, lorsque l'administration aura trouvé un endroit pour les accueillir.

chv/sam