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05/05/2014 05:45 EDT | Actualisé 05/07/2014 05:12 EDT

Critiqué pour un projet en Islande, un riche promoteur chinois se tourne vers la Norvège

Après avoir tenté d'acquérir une vaste étendue de terre en Islande pour un projet touristique très contesté, un riche promoteur immobilier chinois a décidé de tourner son attention vers la Norvège, a-t-il indiqué lundi à l'AFP.

Huang Nubo, magnat du secteur immobilier, a désormais l'intention de développer des complexes touristiques de haut standing en Europe du nord, et entend pour ce faire investir 80 millions d'euros en Norvège dans les cinq à dix prochaines années, a-t-il déclaré dans un entretien téléphonique.

D'ambitieuses perspectives, alors que la Chine ne cache pas son vorace appétit pour les vastes ressources pétrolières de l'Arctique et que les relations diplomatiques entre Pékin et Oslo s'étaient fortement détériorées ces dernières années. M. Huang réfute cependant toute motivation politique.

En 2011, Reykjavik avait rejeté au nom des lois sur la propriété foncière la demande de Huang Nubi, candidat à l'achat de 300 km2 d'étendues sauvages. Prêt à investir 150 millions d'euros, il voulait y bâtir un complexe touristique de luxe avec un golf et la plus vaste réserve naturelle d'Europe.

En 2012, il avait présenté un projet plus modeste où, pour éviter les complications juridiques, il convoitait une superficie beaucoup moins grande et ne faisait que louer. Mais le gouvernement de gauche, battu aux élections législatives d'avril 2013, n'avait pas eu le temps de l'examiner --et la demande est a priori toujours en cours d'examen.

M. Huang a précisé qu'il comptait toujours poursuivre ses projets sur l'île, en dépit des controverses: "Nous n'abandonnons pas l'Islande! C'est juste que les procédures sont très lentes", a-t-il insisté.

"Je ne suis pas pressé. Je peux me permettre d'attendre que mes projets dans d'autres pays soient arrivés à maturité", a poursuivi l'investisseur.

Huang Nubi a par ailleurs fait parler de lui au début de l'année, en dévoilant un don de 1,6 million de dollars au KODE Art Museum de Bergen, en Norvège -- en contrepartie duquel il s'est assuré la restitution à Pékin de sept colonnes de marbre blanc ayant appartenu à l'ancien palais impérial chinois, dévasté en 1860 par les forces armées franco-britanniques.

Les relations sino-norvégiennes étaient devenues glaciales après la remise en 2010 du prix Nobel de la paix au dissident chinois emprisonné Liu Xiaobo.

Elles restent tendues mais se sont réchauffées, et la récente décision du gouvernement norvégien d'éviter tout entretien avec le dalaï lama lors d'une visite dans le pays a été applaudie par Pékin --pour qui le leader spirituel tibétain fait figure de bête noire.

Selon M. Huang, l'amélioration du climat politique est favorable pour ses propres investissements: "Quand on investit à l'étranger, on regarde nécessairement si le pays concerné est amical ou non à l'égard de la Chine".

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