NOUVELLES
05/05/2014 10:52 EDT | Actualisé 05/07/2014 05:12 EDT

Centrafrique: au moins 75 tués en 10 jours dans le Nord-Ouest

Au moins 75 personnes ont péri dans les attaques de plusieurs villages depuis une dizaine de jours dans le nord-ouest de la Centrafrique, attribuées à l'ex-rébellion Séléka et à des Peuls armés, a indiqué lundi une source militaire africaine.

Un premier bilan avait état samedi d'une vingtaine de morts dans les environs de Markounda, auxquels sont venus s'ajouter 55 tués près de Paoua, à une cinquantaine de kilomètres, a déclaré lundi à l'AFP un officier de la force africaine en Centrafrique (Misca) sous couvert d'anonymat.

Le bilan est toujours provisoire, selon cet officier.

Des "hommes armés ont tué au moins 20 personnes près de Markounda et 55 autres vers Paoua", a-t-il affirmé.

"Ces tueries ont été perpétrées sur plusieurs jours dans des villages" de la zone "par des hommes armés assimilés aux ex-Séléka et à des Peuls armés", a ajouté le militaire.

"Ceux-ci ont attaqué près de 10 villages autour de Markounda entre mercredi et vendredi. Ils ont également attaqué plus de 40 villages près de Paoua, à la frontière tchadienne", depuis une dizaine de jours, toujours selon la même source.

Une source religieuse à Paoua, jointe au téléphone par l'AFP, a confirmé ces tueries. "C'est un bilan qui pourrait s'alourdir. Les atrocités commises par ces hommes armés sont indescriptibles", a-t-elle affirmé sous couvert d'anonymat.

Les combattants de l'ex-rébellion Séléka, qui avaient pris le pouvoir en mars 2013, ont été mis en déroute après le départ forcé de leur chef, Michel Djotodia, de la présidence centrafricaine en janvier 2014.

Chassés de Bangui, livrés à eux-mêmes, ils sont désormais régulièrement accusés de graves exactions en province.

"Quand ils attaquent un village, ils défoncent les portes, tirent sur les occupants et mettent le feu. Certaines personnes blessées et sans secours périssent ainsi brûlées vives, tandis que des corps des personnes déjà mortes sont aussi calcinés", avait expliqué samedi à l'AFP par téléphone Isaac Yétina, un habitant de Markounda en fuite, affirmant avoir vu les assaillant "jeter des enfants vivants dans le feu".

La région Nord de la Centrafrique est l'une des plus sensibles du pays depuis plusieurs semaines, au cours desquelles de nombreux villages ont été attaqués, ainsi qu'un hôpital géré par l'ONG Médecins sans frontières la semaine dernière.

acp/cl/mba