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04/05/2014 06:53 EDT | Actualisé 04/07/2014 05:12 EDT

Une marche d'anciens réfugiés mauritaniens dispersée à Nouakchott

Environ 100 Mauritaniens rapatriés du Sénégal, ayant parcouru en dix jours près de 330 km entre le sud de leur pays et la capitale pour réclamer de meilleures conditions de vie, a été dispersée dimanche par la police à Nouakchott, selon leur porte-parole.

Les marcheurs sont partis le 25 avril de Boghé (sud-est). Ils vivent depuis leur rapatriement du Sénégal en 2008-2009 dans le cadre d'un accord tripartite entre ce pays, la Mauritanie et le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), a expliqué à l'AFP ce porte-parole, Ibrahima Guèye.

"Nous avons été autorisés par les autorités à entrer dans Nouakchott de façon pacifique, mais nous avons été surpris, à notre arrivée au centre-ville où une foule immense nous attendait, par une intervention impromptue de la police pour nous disperser", a affirmé M. Guèye.

"La police a fait usage de lacrymogènes pour nous disperser, mais nous sommes restés pacifiques", a-t-il ajouté, reconnaissant toutefois que "des jeunes hors de (la) marche ont répliqué par des jets de pierres" à la police.

Un responsable de la police a affirmé à l'AFP que la manifestation avait été infiltrée "par des fauteurs de troubles auxquels les forces de l'ordre devaient faire face pour assurer la tranquillité publique".

Selon des témoins, les échauffourées entre ces jeunes et la police ont causé des dégâts matériels, avec des vitres de véhicules cassées. La circulation était perturbée à la tombée de la nuit.

Les marcheurs mauritaniens s'étaient réfugiés au Sénégal à la suite de violences interethniques dans les deux pays.

Ils réclament "l'amélioration de leurs conditions de vie dans les sites" où ils ont été réinstallés (infrastructures de base, eau et scolarisation des enfants), "la délivrance de leurs pièces d'état civil et la restitution de leurs terres spoliées" durant leur éloignement de la Mauritanie.

Le gouvernement mauritanien avait mis en place un programme de réhabilitation des rapatriés, comprenant l'aménagement de terres cultivables, des prises en charges en rations alimentaires et des dons de cheptels aux nomades parmi eux.

"Le gouverneur de Nouakchott nous a demandé de désigner une commission de cinq personnes qui verra avec lui la suite à donner à notre mouvement et notre volonté de rencontrer le président de la République pour lui déposer directement nos doléances", a affirmé le porte-parole.

hos/cs/jr

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