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04/05/2014 01:14 EDT | Actualisé 04/07/2014 05:12 EDT

RDC: les Etats-Unis exhortent Kabila à abandonner le pouvoir en 2016

Les Etats-Unis ont exhorté dimanche le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, à quitter le pouvoir fin 2016 comme le prévoit la Constitution, et s'engagent à fournir 30 millions de dollars d'aide supplémentaire pour soutenir le processus électoral.

Le secrétaire d'Etat John Kerry a fait ces annonces à Kinshasa, dans le cadre d'une tournée en Afrique centrée sur le règlement des conflits les plus sanglants du continent, comme au Soudan du Sud et dans la région des Grands lacs

Le président congolais "a clairement en tête le fait que les Etats-Unis d'Amérique sont intimement convaincus [...] que le processus constitutionnel doit être respecté", a déclaré le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, après des entretiens avec le président congolais.

Son émissaire spécial pour les Grands Lacs, Russell Feingold, a été encore plus explicite. "Nous ne voulons pas" que M. Kabila change la Constitution ou fasse un troisième mandat, a-t-il martelé devant quelques journalistes,

"l'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, mais d'institutions fortes".

M. Kabila "est un homme jeune qui dispose encore d'un temps considérable pour apporter sa contribution à son pays", a estimé M. Kerry.

Agé de 42 ans, Joseph Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 par voie successorale après l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, qui avait déposé par les armes le dictateur Mobutu Sese Seko en 1997.

Elu chef de l'Etat en 2006 à l'occasion des premières élections libres du Congo indépendant, M. Kabila s'est maintenu à la présidence pour cinq années de plus en 2011 à l'issue d'un scrutin contesté par l'opposition et la communauté internationale.

La Constitution de la RDC interdit au président d'exercer plus de deux mandats d'affilée, mais nombre d'opposants soupçonnent le clan présidentiel de vouloir modifier la loi fondamentale pour permettre à M. Kabila de se maintenir au pouvoir.

Plusieurs diplomates et spécialistes estiment néanmoins que M. Kabila n'a pas encore arrêté son choix pour 2016, et que, à défaut de se représenter, il envisage de lâcher les rênes du pouvoir à condition d'avoir obtenu de solides garanties sur son avenir.

- Elections transparentes -

A propos de la présidentielle et des législatives de 2011, M. Feingold a reconnu que "la communauté internationale ne s'était pas engagée suffisamment tôt comme elle aurait dû" et qu'il ne fallait pas répéter cette erreur pour 2016.

En signe de l'"engagement" des Etats-Unis, M. Kerry a annoncé le déblocage immédiat de "30 millions de dollars de financement supplémentaires destinés à soutenir des élections transparentes et crédibles de même que des programmes de reconstruction dans l'Est du Congo".

Ces financements de Washington sont destinés "aux élections et à la stabilisation de l'Est sans conditions" et la majeure partie des 30 millions iront "aux ONG internationales et locales", a précisé un diplomate du département d'Etat.

M. Kerry a réclamé un calendrier électoral "fixé et parfaitement défini", au "plus tôt". Il a plaidé pour des "élections libres, équitables, dans les temps et transparentes" et a rencontré aussi des responsables de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Cet organe a déjà dressé les grandes lignes de la tenue des divers scrutins devant conduire à la présidentielle de 2016, mais aucune date n'a été arrêtée.

M. Kerry a quitté Kinshasa à la mi-journée pour Luanda, dernière étape de sa première tournée africaine.

"Je ne retiens que du positif" de cette visite, a déclaré le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, sur la télévision publique.

Le secrétaire d'Etat américain a adressé à M. Kabila ses "félicitations en ce qui concerne le redressement de notre pays" et la "démocratisation" de la RDC, a-t-il dit, et M. Kerry ne peut "naturellement [...] pas donner d'injonction à notre président".

M. Kerry a également exhorté les autorités congolaises à poursuivre la pacification dans l'Est, où sévissent encore plusieurs dizaines de groupes armés. "La force militaire seule n'apportera pas la stabilité en RDC", a-t-il néanmoins déclaré, insistant sur la nécessité de réussir le processus de démobilisation et réinsertion des rebelles ayant déposé les armes.

Samedi, des diplomates américains avaient indiqué que Washington était prêt à soutenir financièrement ce programme évalué à 100 millions de dollars.

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