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04/05/2014 12:15 EDT | Actualisé 04/07/2014 05:12 EDT

Près de Slaviansk, l'armée est aux portes et la peur monte

Les ruines du check-point fument encore, mais le lieu est désormais désert. L'armée ukrainienne, en opération près du bastion insurgé pro-russe de Slaviansk (Est), est passée par là pendant la nuit.

Samedi encore, ce barrage proche de Kostiantynivka (à 50 km au nord de Donetsk, capitale du bassin minier troublé du Donbass) était tenu par des miliciens portant des masques de ski, qui fouillaient les voitures de passage.

Les habitants de la ville se préparent désormais à de nouveaux assauts des forces régulières, qui ont lancé vendredi une opération "antiterroriste" pour reprendre le contrôle de cette zone en proie à de violents troubles séparatistes pro-russes.

Des hommes, coiffés de cagoules improvisées, agitent leurs armes en direction des voitures qui passent pour les contraindre à s'arrêter, avant de les réorienter vers des rues secondaires, les axes principaux étant encombrés de barricades faits de pneus et de branchages.

"La nuit dernière, des parachutistes sont venus et ont détruit nos check-points autour de la ville", explique un insurgé pro-russe près d'un mur de sacs de sable près de la mairie de la ville, occupée par les rebelles. "Maintenant nous attendons".

- Trolleybus calcinés -

Un peu plus loin, dans la ville voisine de Kramatorsk, à 10 km de Slaviansk, tout est calme et ensoleillé, mais la population est encore sous le choc des violents combats qui se sont déroulés samedi soir à proximité.

Là encore, l'armée ukrainienne a attaqué un barrage rebelle, tuant au moins une personne. La ville reste cependant pour l'heure sous le contrôle des séparatistes.

Des passants prennent en photo sur leurs téléphones les restes calcinés de deux trolleybus et de quatre minibus bloquant une des rues principales. Les rebelles les ont placés là pour interdire le passage vers la mairie, qu'ils contrôlent.

"Les gens ont peur. Ils ont peur que leurs enfants ou leurs proches puissent être blessés", explique Artiom Gaspogrian, un partisan des pro-russes rencontré devant le bâtiment.

"Personne ne pensait qu'il pourrait y avoir des opérations militaires à Kramatorsk", souligne-t-il.

Assise à l'ombre à proximité, Nadejda Dolgouchina, une ingénieure qui travaille dans une usine locale, éclate en sanglots: "C'était une ville si calme et rangée. Nous avions des fleurs et des concerts sur cette place, et maintenant nous avons tout ça", se plaint-elle.

"Les gens restent chez eux et prennent des calmants, les vieux, les enfants", raconte-t-elle.

"Nous avons le sentiment qu'ils ne nous traitent même pas comme des être humains, ils veulent juste nous faire disparaître", lance-t-elle.

Pendant ce temps, l'armée ukrainienne a déployé six blindés sur un check-point entre Kramatorsk et Slaviansk, qui sont désormais coupées l'une de l'autre. L'étau se resserre.

del/ahe/neo:rhl

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