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04/05/2014 12:45 EDT | Actualisé 03/07/2014 05:12 EDT

Pour réaliser "Le promeneur d'oiseau", Philippe Muyl s'est jeté "dans le vide"

Philippe Muyl, premier réalisateur français à avoir tourné un film en Chine et en chinois, estimait au départ devoir "grimper une montagne dont il ne verrait pas le sommet". En fait, cela a plutôt été "se jeter dans le vide" .

Pour tourner "Le promeneur d'oiseau", en salles mercredi en France et en Suisse avant la Chine, il raconte à l'AFP avoir accumulé les difficultés: "un réalisateur qui ne parlait pas chinois et ne connaissait pas la culture, un producteur qui connaissait la culture mais pas le cinéma", sans parler des problèmes de financement aigus malgré un budget raisonnable de 2,5 millions d'euros.

Le film a beau être une coproduction, personne ne voulait le financer. "En Chine il y a de l'argent mais pas pour les films artistiquement ambitieux. Il est pour le cinéma de grande consommation", relève Philippe Muyl.

En France, aucune chaîne de télévision n'est venue soulager les producteurs. "Cela aurait été plus facile finalement si le réalisateur avait été chinois", résume Steve René, producteur français marié à une Chinoise et qui vit en Chine depuis dix ans.

"Raisonnablement, je n'aurais jamais dû me lancer", reprend Philippe Muyl, qui avait acquis une notoriété en Chine avec "Le papillon" sorti en France en 2002 et vu dans ce pays "par une dizaine de millions de personnes grâce aux DVD piratés et internet".

La rencontre lors d'un festival chinois en 2009 avec Steve René et sa femme qui voulaient monter leur premier film, et lui qui sortait d'un "non succès" selon son expression avec "Magique" en 2007, a fait le reste. Plus la curiosité de découvrir un autre pays, une autre culture.

Le réalisateur a souvent raconté dans le passé des histoires avec des enfants. C'est encore le cas avec "Le promeneur d'oiseau".

- ' Des trésors à protéger' -

Le long métrage raconte le périple d'un grand-père qui décide de retourner dans son village natal pour y libérer son oiseau fétiche. Par un concours de circonstances, il se retrouve accompagné de sa petite-fille, une gamine parfaitement insupportable car trop gâtée par ses parents.

Le voyage ne va évidemment pas être de tout repos et les imprévus vont tisser des liens indéfectibles.

"Le schéma du film est représentatif de la société chinoise" dans le fait par exemple que "si vous allez dans les parcs en ville, vous verrez beaucoup de grands-parents s'occuper des petits-enfants, qui sont des trésors à protéger", avec la politique de l'enfant unique.

"Ce film parle de trois générations particulièrement significatives, car elles représentent trois époques de la Chine", dit Philippe Muyl.

"Le grand-père a connu la Révolution culturelle, la petite-fille est dans une société d'hyper consommation acculturée et ne connait plus rien à son histoire, enfin les parents courent après l'argent. C'est la Chine d'aujourd'hui, enfin une partie en tout cas", ajoute-t-il.

Une autre difficulté dans la construction du scénario a été d'être en phase avec la société chinoise différente de la société française. "On ne peut pas gérer le conflit entre le grand-père et son fils comme on le ferait ici", question de culture, relève le cinéaste.

Le réalisateur qui a appris un peu de chinois "suffisamment pour aller au restaurant mais pas pour diriger un tournage", n'a pas eu de problèmes particuliers avec la censure, le sujet évitant toutes les questions qui fâchent comme la politique ou les scènes de sexe.

"Le promeneur d'oiseau" qui montre le Pékin des prouesses architecturales et des paysages de campagne à couper le souffle, doit sortir le 23 mai en Chine.

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