NOUVELLES
04/05/2014 09:08 EDT | Actualisé 04/07/2014 05:12 EDT

Panama: le vice-président coiffe au poteau le dauphin de son ancien patron

PANAMA, Panama - Le vice-président Juan Carlos Varela a été déclaré victorieux de l'élection présidentielle du Panama dimanche, faisant avorter une tentative de l'ex-président Ricardo Martinelli, un ancien allié, de maintenir son emprise sur le pouvoir en faisant élire un successeur qu'il avait personnellement choisi.

Après le dépouillement de 83 pour cent des bulletins de vote, M. Varela menait avec 39 pour cent des suffrages exprimés, comparativement à 32 pour cent pour l'ancien ministre du Logement Jose Domingo Arias, le dauphin de M. Martinelli. Juan Carlos Navarro, un ancien maire de Panama, la capitale, se classait troisième.

Après avoir été informé qu'il était officiellement élu par le chef magistrat du tribunal électoral, M. Varela, qui doit entrer en fonction le 1er juillet, a dédié sa victoire à la démocratie au Panama.

Le parti au pouvoir n'a toujours jamais été réélu à la présidence du Panama depuis le renversement, par les États-Unis de Manuel Noriega en 1989.

La journée du scrutin, dimanche, a commencé avec des sondages laissant présager une course serrée entre les trois candidats, mais aucun de ces sondages ne prévoyait que M. Varela se hisserait en tête. Les enquêtes d'opinion donnaient plutôt une très mince avance à M. Arias, un nouveau-venu au tempérament réservé.

Bien que le nom de M. Martinelli ne se trouvait pas sur les bulletins de vote, la présence de ce milliardaire, magnat du secteur des supermarchés, s'est fait largement sentir pendant la campagne, et plusieurs craignaient qu'il ne devienne l'homme prenant les décisions si les électeurs avaient voté pour M. Arias.

Alors que la course devenait de plus en plus serrée au cours des dernières semaines, M. Martinelli a inauguré des hôpitaux, des stades ainsi que le premier métro en Amérique centrale, tout en avertissant les 3,2 millions de Panaméens qu'une victoire de ses rivaux menaçaient de faire augmenter le taux de chômage et de faire diminuer la croissance économique, qui s'est élevée à plus de huit pour cent, en moyenne, à partir de son arrivée au pouvoir en 2009.

M. Varela, un ingénieur âgé de 50 ans, est le descendant de l'une des plus riches familles du Panama et propriétaire d'une distillerie de rhum portant son nom. En 2009, il a abandonné la course présidentielle et promis à M. Martinelli l'appui de sa formation politique conservatrice, le Parti Panamenista, en échange de la vice-présidence.

Mais ce mariage politique n'a pas duré, et M. Martinelli a écarté M. Varela du poste de ministre des Affaires étrangères, en 2011, parce qu'il a refusé un projet de référendum qui aurait permis au président d'effectuer des mandats consécutifs.

Dès lors, M. Varela est devenu l'un des principaux détracteurs du président, l'accusant d'avoir accepté des pots-de-vin en lien avec un contrat gouvernemental pour un système radar. M. Martinelli a nié les accusations.

En retour, M. Martinelli a pour ainsi dire exclu de M. Varela de toute prise de décision et l'a accusé de toucher son chèque de paie gouvernemental sans travailler.

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!