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04/05/2014 12:19 EDT | Actualisé 04/07/2014 05:12 EDT

Odessa: rassemblement pro-Kiev près des escaliers Potemkine

Dans une ville traumatisée par la mort vendredi d'une quarantaine de personnes dans des affrontements et un incendie, environ 300 partisans de l'unité de l'Ukraine se sont rassemblés dimanche au sommet des fameux "escaliers Potemkine" à Odessa pour rendre hommage à leurs victimes.

Pour les orateurs sur une petite estrade comme dans la foule, seuls les supporteurs de football et les manifestants pro-Kiev tués par balles ou par des éclats de grenade au début des affrontements, alors qu'ils étaient attaqués par environ 200 partisans pro-russes masqués et armés, méritent d'être mentionnés.

Le décompte des victimes, de source hospitalière, fait état d'au moins quatre tués et dix blessés par balles. Les autres victimes, pro-russes, ont péri, la plupart asphyxiées, plus tard, dans l'incendie du siège des syndicats dans lequel ils s'étaient réfugiés, poursuivis par une foule furieuse.

Après avoir chanté l'hymne national ukrainien, les manifestants rassemblés sous la statue d'Armand-Emmanuel-Sophie-Septimanie de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu et gouverneur d'Odessa en 1803, ont écouté des orateurs dénoncer le rôle des services secrets russes dans ce qui s'est passé vendredi dans le centre d'Odessa.

"Tous ces morts dans la maison des syndicats c'est horrible, mais ce ne sont pas les nôtres qui ont répandu le premier sang", affirme une femme, ruban jaune et bleu à la boutonnière. "Ce sont des agresseurs venus en bus de Donetsk qui ont lancé cette attaque. Nous avons résisté, gloire à Odessa !".

Par crainte d'une action de représailles des activistes pro-russes, la marche en faveur de l'unité qui part tous les dimanche à midi de cet endroit symbolique vers le centre-ville a été annulée dimanche.

"Nous avons fait savoir sur notre site et par les réseaux sociaux que le rassemblement était annulé, mais nous pensons que des gens iront quand même", avait confié samedi à l'AFP Natalia Petropavlovska, l'une des responsables dans la ville du mouvement pro-Maïdan.

Pendant que les orateurs s'expriment, le regard de Roman Levinski, petit homme trapu rendu plus costaud encore par le gilet pare-éclats qu'il a glissé sous son blouson, scrute les environs. "Je suis venu pour protéger les gens, en cas de nouvelle attaque", dit-il.

Il porte des rangers, un blouson noir et une casquette militaire. "J'ai participé aux combats vendredi, je suis membre des forces d'auto-défense. Certes, l'armée russe n'est pas loin de la frontière dans les provinces de l'Est, mais il y a en Ukraine beaucoup de patriotes qui refusent de vivre sous le joug de Moscou".

Alexi Doniy, un parlementaire venu de Kiev, monte sur l'estrade et tend à bout de bras des photos agrandies sur lesquelles on distingue au premier plan un homme casqué et cagoulé tirant au revolver et juste derrière lui un officier de police qui regarde la scène.

"Nous avons identifié ce policier et nous allons au parlement nous assurer que des poursuites vont être lancées contre lui", clame-t-il. "Regardez, aussi, là et là, les assaillants et certains policiers portent le même brassard rouge. Il faut savoir pourquoi. Il faut que la vérité éclate sur la collaboration entre certains policiers et les séparatistes. J'y veillerai !"

Aux abords de l'esplanade, une trentaine de policiers surveillent les lieux, d'autres attendent dans des bus dans les rues adjacentes. Pendant le meeting, quelques rares touristes se font raconter l'histoire de la mutinerie en 1905 dans le port du cuirassier Potemkine.

La scène du massacre de la foule par les soldats tsaristes dans les escaliers, moment du bravoure du film de Sergueï Eisenstein en 1925, est dans toutes les mémoires mais n'a en fait jamais existé. En haut des marches, une jeune femme passe avec son bébé dans une poussette noire et jaune à grandes roues, marquée Jeep.

mm/ahe/mr

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