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04/05/2014 04:32 EDT | Actualisé 03/07/2014 05:12 EDT

Les principaux acteurs de l'élection sud-africaine

L'ANC de Jacob Zuma, président de l'Afrique du Sud depuis 2009, est le grand favori des élections législatives du 7 mai, mais d'autres figures, anciennes comme l'opposante blanche Helen Zille, ou nouvelles comme le jeune populiste Julius Malema, ont animé la campagne depuis des semaines.

Les Sud-Africains élisent mercredi leurs députés. La Constitution ne prévoyant pas d'élection présidentielle directe, le chef de l'Etat sera élu par l'Assemblée nationale quelques jours après les législatives.

- Jacob Zuma l'insubmersible -

Un parfum de scandale colle toujours à la peau de Jacob Zuma, mais cela ne devrait pas empêcher cet homme de réseaux de se succéder à lui-même à la tête de l'Afrique du Sud à 72 ans, car il contrôle l'appareil de l'ANC.

"JZ" est le quatrième président de l'Afrique du Sud post-apartheid depuis les élections de 2009. Il avait pris à la hussarde la direction de l'ANC fin 2007 en évinçant Thabo Mbeki, qui l'avait limogé de la vice-présidence deux ans plus tôt sur des allégations de corruption.

Arrivé au pouvoir en s'appuyant sur l'aile gauche de l'ANC et les syndicats, Jacob Zuma les a déçus depuis, en menant toujours une politique relativement libérale.

Blanchi par la justice juste avant le scrutin de 2009 alors qu'il était accusé d'avoir demandé des pots-de-vins pour l'achat d'armes au groupe français Thales, sorti indemne d'un procès pour viol, Jacob Zuma fait maintenant les titres de l'actualité pour avoir fait luxueusement rénover sa résidence privée de Nkandla (est) aux frais du contribuable.

Ancien vacher, le premier président polygame du pays a quatre femmes et 21 enfants. Sous l'apartheid, il avait passé dix ans sur l'île-bagne de Robben Island --comme Nelson Mandela--, avant de prendre le maquis et de partir en exil, pour diriger le service de renseignements de l'ANC.

- Helen Zille l'opposante blanche -

Helen Zille, 63 ans, a réussi à imposer son parti, l'Alliance démocratique (DA), comme la principale force d'opposition en Afrique du Sud, essayant tant bien que mal de le débarrasser de son image de "parti de Blancs".

Cette fille d'immigrés allemands a été très engagée contre l'apartheid. Jeune journaliste, elle avait dénoncé en 1977 le meurtre du militant Steve Biko par la police du régime ségrégationniste.

Cette blonde énergique qui rit de son usage intensif du Botox est entrée en politique après les premières élections multiraciales de 1994.

Elue maire du Cap en 2006, Helen Zille a pris la tête de la DA l'année suivante, et est depuis 2009 le Premier ministre du Cap occidental (sud-ouest), la seule des neuf provinces sud-africaines a ne pas être contrôlée par l'ANC.

Sous sa direction, elle s'est évertuée à faire de la DA un parti multiethnique, quand bien même l'ANC et ses alliés n'ont de cesse de brocarder son rôle de mouvement représentatif de l'essentiel de la minorité blanche (9% de la population).

Parlant couramment xhosa --la langue de Nelson Mandela--, elle n'hésite pas à danser sur scène, comme les Noirs. Elle est aussi une grande utilisatrice de Twitter, et s'est illustrée en prenant directement des journalistes à partie.

-Julius Malema le fils rebelle -

Ancien chef de file des jeunes de l'ANC exclu en 2012, Julius Malema a pris la tête des "Combattants pour la liberté économique" (EFF), un mouvement populiste qui promet la redistribution des richesses du pays aux plus démunis. Les sondages lui donnent de 4 à 5% des voix.

Ce tribun bedonnant au visage encore poupin, âgé de 33 ans, s'adresse directement aux laissés-pour-compte de l'Afrique du Sud démocratique, ces millions de Noirs sans travail qui attendent toujours des jours meilleurs vingt ans après la fin de l'apartheid. Classé à l'extrême gauche par les uns, il est aussi catalogué comme "fasciste" par certains analystes politiques.

Il revendique notamment la nationalisation sans compensation des mines et des banques, ainsi que la saisie des terres appartenant aux Blancs.

D'origine modeste, Julius Malema a mené grand train quand il était proche du pouvoir, même s'il disait déjà défendre les plus pauvres. Accusé d'avoir tiré l'essentiel de ses revenus de commissions touchées sur les marchés publics de sa province du Limpopo (nord), il a rendez-vous avec la justice en septembre.

Le fisc sud-africain lui réclame en outre 16 millions de rands (1,1 million d'euros).

liu-cpb/sba

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