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04/05/2014 03:19 EDT | Actualisé 04/07/2014 05:12 EDT

Le Portugal sortira de son plan d'aide sans filet de sécurité

Le Portugal sortira de son plan de sauvetage financier, qui expire le 17 mai, sans demander une ligne de crédit de précaution à ses partenaires européens, a annoncé dimanche le Premier ministre Pedro Passos Coelho.

"Le gouvernement a décidé que nous sortirons du programme d'assistance sans recourir à aucun programme de précaution", a déclaré M. Passos Coelho lors d'une allocution télévisée, jugeant que cette option était "celle qui défend le mieux les intérêts du Portugal".

Le Portugal s'apprête ainsi à suivre l'exemple de l'Irlande, qui était devenue en décembre le premier pays de la zone euro à s'affranchir de la tutelle de ses créanciers internationaux sans recourir à une aide supplémentaire, alors que la Grèce continue sous perfusion financière.

"Nous faisons ce choix car notre stratégie de retour aux marchés a été couronnée de succès, nous avons fait d'énormes progrès en matière d'assainissement budgétaire et nous avons récupéré notre crédibilité", a ajouté le chef du gouvernement, entouré de ses ministres.

La ministre des Finances Maria Luis Albuquerque communiquera cette décision à ses homologues de la zone euro dès lundi lors d'une réunion à Bruxelles, qui portera notamment sur le cas du Portugal.

Frappé de plein fouet il y a trois ans par la crise de la dette qui avait déjà poussé la Grèce puis l'Irlande à faire appel à une aide internationale, le Portugal avait à son tour cessé de pouvoir se financer sur les marchés à des prix acceptables.

En échange d'un prêt de 78 milliards d'euros accordé en mai 2011 par l'Union européenne et du Fonds monétaire international, le Portugal s'est engagé à mettre en oeuvre un exigeant programme de rigueur budgétaire et de réformes économiques sur trois ans.

Jugée plus prudente par certains analystes, l'option d'un programme de précaution n'a jamais été mise en oeuvre et risquait de se heurter aux réticences de certains pays de la zone euro, dont l'Allemagne.

Le Portugal a récemment regagné accès aux marchés de la dette, profitant de la bienveillance des investisseurs à l'égard des pays fragiles de la zone euro.

Lisbonne a vu ses taux d'emprunt à dix ans tomber jusqu'à 3,6% et a pu se constituer des réserves de près de 16 milliards d'euros, qui lui permettent d'assurer ses besoins jusqu'en mars 2015.

"Nous avons des réserves financières pour un an qui nous protègent contre des turbulences externes", a assuré M. Passos Coelho.

tsc/bh/plh

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