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04/05/2014 01:56 EDT | Actualisé 04/07/2014 05:12 EDT

Grèce : onze mois après sa brutale fermeture, la télé publique renaît en NERIT

Onze mois après la fermeture sans préavis d'ERT, la nouvelle version de la télévision publique grecque NERIT a vu le jour dimanche, un lancement sans fioritures à deux semaines d'élections nationales et européennes cruciales pour le gouvernement.

Sur l'écran de DT, l'ersatz de télévision publique mis en place à la hâte après la fermeture d'ERT, un compte à rebours à commencé à courir dans l'après-midi. Puis, à 18H00 locales tapantes, le logo de DT a été remplacé par le "N" de NERIT, tandis que commençait un bulletin d'information d'une heure et demie, sports compris, présenté par une ancienne journaliste d'ERT, Andrianna Paraskevopoulou.

Un plateau à dominante rouge, assez chic, tandis que l'habillage général de la chaîne est plutôt d'un joli bleu. Après le bulletin, la chaîne a diffusé un vieux classique comique en noir et blanc, dont les Grecs sont friands, en l'honneur de la journée mondiale du rire.

"Ceci est le premier bulletin de NERIT", a simplement indiqué Mme Paraskevopoulou en ouvrant le journal. Un sujet, en cours de journal, a été consacré au lancement de NERIT (Nouvelle Radio-Internet-Télévision grecque) : "A 18H00 quelque chose de nouveau a commencé, NERIT est entré dans les foyers grecs. Pluralisme, fiabilité, humanité et respect de la culture et de l'histoire", a égrené le commentaire.

Pantelis Kapsis, l'ancien vice-ministre en charge de la télévision, a estimé que "la loi qui a créé NERIT garantit son indépendance et une entité plus petite qui montre du respect pour l'argent des Grecs".

C'est notamment pour se conformer à ses créanciers, UE et FMI, qui le pressaient de faire des économies, et notamment de supprimer des emplois publics, que le gouvernement grec avait en effet choisi, à la stupéfaction mondiale, de faire cesser les émissions de ERT le 11 juin dernier.

A l'époque, Athènes avait justifié ce choix en expliquant qu'ERT, avec ses 2.600 employés et ses 300 millions d'euros de coûts annuels, était "un cas exceptionnel d'absence de transparence et de dépenses incroyables", selon le porte-parole du gouvernement Simos Kedikoglou.

-- Modeste cérémonie --

Samedi, le président ci de NERIT Georges Prokopakis a indiqué qu'il y aurait seulement "une modeste cérémonie" pour fêter le lancement.

La date de celui-ci était resté floue jusqu'à samedi.

L'édition dominicale de To Vima titrait dimanche "NERIT, le chaos total", évoquant un "lancement incomplet" et jugeant que le gouvernement, après avoir pris la décision "hâtive et immature" de fermer ERT, avait une manière "encore plus tragique" de gérer la nouvelle entité.

Dans un communiqué diffusé par le parti de gauche radicale Syriza, dont elle est une des candidates, Alexandra Christakakis, une ancienne journaliste licenciée d'ERT, a estimé que NERIT "avait un nom différent de DT mais que c'était la même équipe que cette étrange création gouvernementale".

Selon l'agence ANA, la programmation de NERIT ira en s'enrichissant, avec 16 nouvelles émissions au cours de la prochaine quinzaine, outre des émissions consacrées aux élections locales et européennes à venir les 18 et 25 mai.

Le relancement de la télévision publique est un pas important pour l'image d'un gouvernement de coalition conservateurs-socialistes d'Antonis Samaras qui se vante de certains succès économiques récemment, une tentative réussie de retour sur les marchés de dette à long terme en avril, et la réalisation d'un excédent budgétaire primaire (c'est à dire hors charges liées à la crise) en 2013.

Alors que son parti Nouvelle Démocratie est au coude-à-coude dans les sondages avec un Syriza qui recrute parmi les victimes de la crise, M. Samaras a au contraire à coeur, comme il l'a expliqué dimanche dans une tribune à To Vima, de voir la Grèce "briser sa coquille", faite de "mentalités anachroniques".

Bien qu'il ne cite pas NERIT dans cette tribune, avoir une télévision publique en apparent état de marche avant les élections était sans doute une obligation pour le gouvernement.

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