POLITIQUE
01/05/2014 05:46 EDT | Actualisé 01/07/2014 05:12 EDT

Un rapport de la GRC évoque1 000 femmes autochtones disparues ou tuées en 50 ans

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TORONTO, ON - JUNE 24: A woman holds a sign as several hundred indigenous people march through the streets of Toronto to bring attention to the plight of indigenous peoples in Canada two days prior to the opening of the G20 Summit on June 24, 2010 in Toronto, Canada. Leaders from the world's 20 largest industrial and developing nations are arriving in Toronto for the G20 Summit scheduled to be held June 26 and 27. (Photo by Jemal Countess/Getty Images)

Un rapport préparé par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) obtenu cette semaine par la télévision autochtone (APTN) chiffre à un millier le nombre de femmes autochtones disparues ou tuées dans ce pays depuis les années 1960.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole de la Gendarmerie, Greg Cox, a expliqué jeudi que le document était en cours de finalisation et qu'il serait donc "prématuré de commenter davantage" les informations de l'APTN.

Jusqu'à présent, les autochtones canadiens (Amérindiens, Métis et Inuits) parlaient d'au moins 600 femmes disparues ou assassinées depuis les années 1960 sans qu'il soit possible de le vérifier en raison de l'absence d'une enquête nationale.

En mars, des Mohawks avaient dénoncé le refus du Parlement fédéral d'ouvrir une enquête en bonne et due forme sur cette question en bloquant le trafic ferroviaire entre Montréal et Toronto.

Selon l'APTN, qui cite un enquêteur ayant requis l'anonymat, la GRC a consulté 200 forces de police locales à travers le Canada pour parvenir à une estimation de 1 000 disparitions ou meurtres.

En raison de la non-documentation de ces drames qui s'étalent de l'est à l'ouest du Canada, en passant par les territoires nordiques, rien n'explique leurs circonstances.

Le constat est pourtant alarmant et avait même valu au gouvernement d'être mis à l'index en octobre dernier par le rapporteur spécial de l'ONU pour les peuples indigènes. James Anaya avait ainsi pointé les dangers encourus par les femmes autochtones qui ont huit fois plus de chances d'être assassinées que dans le reste du Canada.

Certaines hypothèses ou rumeurs sont avancées pour tenter d'éclaircir cette disproportion dans le taux d'homicide chez les femmes et les filles autochtones et les autres. Bien souvent, dès le signalement d'une disparition, l'enquête policière n'a pas la célérité nécessaire, relèvent les associations de défense des autochtones.

"Les femmes et filles autochtones sont amenées dans les villes, on leur promet un travail et elles finissent par être prostituées", avait dénoncé l'ONG Cultural Survival après le procès du tueur en série canadien Robert Pickton, un ancien éleveur de porcs de la région de Vancouver (ouest) condamné à la peine incompressible de 25 ans de prison pour le meurtre de six femmes. Il était également poursuivi pour la mort de 20 autres femmes, prostituées ou dépendantes à la drogue, issues des communautés autochtones de la Colombie-Britannique. Les corps avaient été retrouvés dans sa ferme.

Les autochtones sont environ 1,4 million au Canada et forment 4,3% de la population, selon les statistiques officielles.

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