DIVERTISSEMENT
30/04/2014 08:22 EDT | Actualisé 30/04/2014 12:00 EDT

Collabos, intouchables et jouisseurs au Théâtre du Rideau Vert

Jean-François Bérubé

La prochaine saison théâtrale du Rideau Vert qui vient de fêter ses 65 ans d’existence se fera sur le mode de l’éclectisme, marqué par six pièces venant de tous les horizons. En conférence de presse hier, la directrice artistique Denise Filiatrault a dévoilé non sans humour une programmation où le théâtre puise aussi bien dans le classique, l’histoire, le vaudeville ou le cinéma.

Denise Filiatrault se dit très fière. «Chaque année, j’essaye d’offrir au public le plus de diversité possible. Et je pense qu’on s’est surpassé dans le choix des pièces. C’est un bon cru!», a-t-elle affirmé.

Tout d’abord, un hommage bien senti à Georges Feydault pour ouvrir la saison avec Le prince des jouisseurs, une production québécoise écrite par Gabriel Sabourin et mise en scène par Normand Chouinard. La pièce se situe entre fiction et réalité nous conviant dans l’intimité bouillonnante du maître du vaudeville au crépuscule de sa vie.

Le quasi-biopic, véritable clin d’œil au style souvent imité, mais rarement égalé du grand Feydault, se veut avant tout un portrait sympathique et touchant d’un artiste dont l’insolence aura marqué toute son œuvre.

Viendra ensuite le retour de La déprime, le dorénavant classique du répertoire québécois créé par Denis Bouchard, Rémy Girard, Raymond Legault et Julie Vincent. À l’origine, la comédie satirique dans laquelle se mêlent spleen et solitude urbaine réunit sur scène plus de 40 personnages. Retravaillée dans une variante vintage des années 1980, la pièce rassemblera cette fois quatre nouveaux comédiens (Anne-Élisabeth Bossé, Pascale Desrochers, Bernard Fortin et Éric Paulhus) pour jouer à tour de rôle les nombreuses interprétations.

Avant le temps des fêtes, se tiendra la 10e édition de Revue et corrigée, le traditionnel spectacle de fin d'année du Rideau Vert préparé par Alain Zouvi. Ce véritable marathon humoristique — composé de sketches combinant vidéos, chansons et imitations — reprendra par le biais de la dérision les nouvelles qui ont marqué l’année.

Une grosse surprise dès le 24 mars avec Intouchables, adaptation du plus grand succès du cinéma français. Jouée sur les planches du théâtre dans une version qui privilégie le conflit social entre un nanti et un démuni, la pièce met en vedette Antoine Bertrand et Luc Guérin, sous la direction de René Richard Cyr.

«Le thème du film lui-même tiré d’une histoire vraie possède une force universelle qui transcende tous les médiums. Au théâtre, le public aura l’occasion de venir découvrir une rencontre improbable qui met surtout de l’avant la puissance des mots», a expliqué l’auteur Emmanuel Reichenbach qui signe l’adaptation.

Début février, une mise en scène contemporaine du Misanthrope par Michel Monty. Le chef-d’œuvre de Molière n’a pas d’âge et comme un écho à notre époque, Alceste se fera un plaisir de dénoncer l’hypocrisie et la superficialité des rapports humains, le tout dans un loft du Vieux-Montréal.

Denise Filiatrault conclura la saison avec la mise en scène du Repas des fauves, une pièce de Vahé Katcha qui nous propulse en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale. Alors que sept amis célèbrent l’anniversaire de leur hôte, la Gestapo fait irruption leur ordonnant de choisir parmi eux deux otages.

«Je suis depuis longtemps fascinée par tout ce qui touche cette période de l’histoire. J’arrive bientôt à mes 82 ans. Enfant, je me souviens avoir vu des fils de voisins revenir du conflit, et d’autres qui ne sont jamais revenus. J’ai vécu la fin de la guerre avec les images inoubliables de gens qui dansaient dans la rue», a raconté Mme Filiatrault.

Les détails sur la saison 2014-2015 sur www.rideauvert.qc.ca

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