Cigarettes électroniques: la vérité dans un nuage de fumée

MIAMI, FL - APRIL 24:  Julia Boyle enjoys an electronic cigarette as she waits for customers at the Vapor Shark store on April 24, 2014 in Miami, Florida. Brandon Leidel, CEO, Director of OperationsVapor Shark, said he welcomes the annoucement by the Food and Drug Administration that they are proposing the first federal regulations on electronic cigarettes, which would ban sales of the popular devices to anyone under 18 and require makers to gain FDA approval for their products.  (Photo by Joe Raedle/Getty Images)
MIAMI, FL - APRIL 24: Julia Boyle enjoys an electronic cigarette as she waits for customers at the Vapor Shark store on April 24, 2014 in Miami, Florida. Brandon Leidel, CEO, Director of OperationsVapor Shark, said he welcomes the annoucement by the Food and Drug Administration that they are proposing the first federal regulations on electronic cigarettes, which would ban sales of the popular devices to anyone under 18 and require makers to gain FDA approval for their products. (Photo by Joe Raedle/Getty Images)

Alors, nocive ou pas la cigarette électronique ? Si la question est d'une simplicité enfantine, la réponse se perd quant à elle dans les volutes mentholées d'un débat qui divise.

L'objet en question, c'est donc cette drôle de cigarette des temps modernes qui permet d'inhaler de la vapeur contenant ou non de la nicotine. Si l'on a du mal à se prononcer sur la nocivité de l'objet, c'est qu'il est très récent, sa disponibilité remonte en effet seulement à 2004 et son succès n'est apparu que depuis quelques années. La conséquence est que la documentation scientifique sur laquelle on peut s'appuyer est quasi inexistante, du moins trop faible pour en tirer des conclusions définitives.

On manque de recul ! En mai 2013, l'Institut national de santé publique du Québec reconnaissait d'ailleurs, en exergue d'un document intitulé « La cigarette électronique, état de la situation », la difficulté d'apporter une réponse tranchée au débat: « Les connaissances actuelles issues de la littérature scientifique ne nous permettent pas d'estimer les effets sur la santé associés à la consommation de cigarettes électroniques ».

Face à ce flou artistique, certains préfèrent appliquer le fameux principe de précaution. « Tout comme Santé Canada, le directeur national de Santé publique du Québec invite la population à s’abstenir de consommer les cigarettes électroniques ainsi que tous les autres produits comparables, qu’ils contiennent ou non de la nicotine, jusqu’à ce que soient mieux compris les impacts de leur consommation sur la santé » peut-on lire sur le site de Santé et service sociaux Québec.

« C'est le Far-Ouest! Admet David Lefebvre, responsable des relations médias au Conseil québécois sur le tabac et la santé. Il y a plusieurs zones d'ombre, à commencer par le vide juridique dans lequel se retrouve ce produit. Santé Canada n'a toujours pas statué s'il devait être interdit ou non, il n'y a pas de cadre réglementaire alors que la consommation explose et qu'il y a urgence. Seules les cigarettes électroniques contenant de la nicotine sont illégales au Canada et interdites à la vente. L'autre problème concerne le contenu des cigarettes électroniques, et c'est la deuxième zone d'ombre. On s'est aperçu que certaines cigarettes électroniques soi-disant sans nicotine en contenaient en réalité ! Là encore on est face à une absence de régulation et de contrôle. Nous aimerions que les autorités de régulations prennent rapidement une décision et fixent un cadre réglementaire. Une de nos inquiétudes principales concerne les jeunes qui peuvent voir en la cigarette électronique un objet à la mode et peuvent vouloir se mettre à fumer parce que ça fait branché ».

Certains membres de la communauté médicale n'appliquent pas le principe de précaution et prône au contraire que la cigarette électronique permet de faciliter le sevrage. Une centaine de médecins dont le tabacologue Philippe Presles, auteur de La cigarette électronique - Enfin la méthode pour arrêter de fumer facilement, ont même signé un appel en faveur de la fameuse cigarette.

Pour Jean-François Etter, responsable du site www.stop-tabac.ch et chercheur à l’Institut de médecine sociale et préventive de Genève, la cigarette électronique est une bonne option pour les fumeurs réguliers. « Il vaut mieux arrêter la cigarette de tabac que la cigarette électronique ».

Selon une récente étude de la revue scientifique médicale The Lancet, les cigarettes électroniques, avec ou sans nicotine, auraient un effet modérément efficace sur les fumeurs qui veulent arrêter de fumer. Leur impact serait similaire à celui exercé par les patchs nicotiniques.

L'impact sur le tabagisme serait quant à lui bien réel. L'Observatoire français des drogues et des toxicomanies annonçait en effet il y a quelques semaines que les ventes de cigarettes avaient baissé de 7,6% en 2013 en France grâce aux cigarettes électroniques.

Alors, nocive ou pas la cigarette électronique ? L'avenir le dira. En attendant, le débat continue dans un gros nuage de fumée.

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