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09/04/2014 08:18 EDT | Actualisé 09/06/2014 01:12 EDT

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Incapable de se dénicher une équipe pour la saison 2014, Dominique Rollin a finalement décidé de mettre un terme à sa carrière de cycliste professionnel.

C'est ce qu'a confirmé le cycliste québécois, jeudi, dans une lettre envoyée à Radio-Canada. 

« Je cherchais comment l'annoncer et je n'étais pas prêt à affronter la réalité que c'était fini. Que c'est fini, écrit-il. Ainsi un message à mes commanditaires et quelques amis pour les remercier de leur support se retrouve affaire publique de nos jours… »

Rollin fait référence au fait que sa lettre, d'ordre privé, s'est retrouvée mercredi sur un site web, et donc reprise par d'autres médias.    

« Que cela se dise, merci a vous tous, Castelli, Fizik, Oakley, Race Performance Apparel, Shimano, précise-t-il. Mais surtout mon entraîneur Brian Walton qui a su faire avec mes sauts d'humeurs, mes moments fort et surtout me donner une bonne paire de coups de pieds au cul quand mérité. »

Professionnel depuis 7 ans, le coureur de 31 ans a été l'une des nombreuses victimes de la disparition de deux équipes WorldTour (Euskaltel et Vacansoleil). Rollin affirme avoir contacté toutes les personnes du milieu qu'il connaissait et suivi chaque piste qui se présentait, mais elles se sont toutes terminées dans un cul-de-sac.

« Comment tourner sa vie de bord en 3 mois après 19 ans à m'investir dans un mode de vie, dans un sport. Alors voilà, ce silence de ma part est rompu, précipité par l'avarice de certains, ajoute-t- il, m'empêchant d'affronter ma propre réalité, à mon rythme, mais tout autrement en me rappelant ; Dom tu aurais dû le faire plus tôt, par respect envers vous tous qui me suivez, me supportez depuis tant d'années. Donc, les voici ces mots si durs à dire... Je me retire, j'arrête. C'est dit ! »

Avec un regret

Au cours des trois dernières saisons, Rollin a porté les couleurs de la formation française FDJ avec laquelle il a pris part à un Tour d'Italie et deux Tours d'Espagne. Il avait aussi participé à un premier Tour d'Italie avec la formation continentale professionnelle Cervélo en 2009.

Reconnu pour ses qualités de sprinteur et de baroudeur, Rollin s'est notamment distingué avec ses 3es places au Grand Prix de l'Escaut en 2009 (semi-classique belge) et au Tour du Missouri en 2007. Taillé pour les classiques, Rollin compte aussi le Tour des Flandres et Paris-Roubaix à sa feuille de route.

« Je mets pied à terre, forcer à arrêter sans contrat suite à une année catastrophique pour le sport sur un plan professionnel, 5 équipes ont mis la clef dans la porte. Le regret de ne pas avoir pu choisir le moment de ma retraite sera toujours présent ainsi que le sentiment d'être dérobé de certains rêves, Le Tour de France, les Jeux olympiques…

Du vélo aux fourneaux

« Après une superbe épopée de sept ans au niveau professionnel à parcourir la planète avec mon vélo, je raccroche et reprend une seconde passion délaissée il y a de cela quelques années, la cuisine. Rien de mieux que de commencer ici à Gérone, en Espagne avec le restaurant numéro 1 au monde en ville et tant de chef influent dans la région. »

Le cycliste de Boucherville veut désormais se tourner vers sa passion de la cuisine (et du vin). Il entend terminer un diplôme dans le domaine commencé il y a plusieurs années à Montréal. 

Il fera ce week-end un dernier voyage à Roubaix, en voiture, où son parcours professionnel a commencé.  

« Quoi de mieux que d'annoncer ma retraite lors du Paris-Roubaix? Cette course mythique qui m'est si chère. J'admire ces pavés depuis mes premiers coups de pédales, et c'est à Roubaix même, en 2006 que mon rêve professionnel à pris son envol. Cette année-là, j'ai remporté un superbe championnat national à Québec sous les couleurs du Vélo Club de Roubaix.

« Je me souviens de m'être dit: un jour je franchirai cette ligne [d'arrivée dans le vélodrome], couvert de boue et de poussière, le visage marqué par la fatigue de l'enfer du Nord.

« Cette ligne, je l'ai franchie trois fois ! Je conserve encore les frissons de ma première approche de ces terribles pavés, les courbatures et les ampoules aux mains suivant ces 6 heures de folies, de frayeurs, poursuit-il dans sa lettre. De pur plaisir ! La boucle est bouclée, demain je fais mon pèlerinage jusqu'à Roubaix. En voiture, et j'aurai cette petite pensée : je rentre chez moi ! »

Dominique Rollin n'abandonne pas le vélo pour autant. Il a des projets qui se dessinent et il continuera à enfourcher sa monture pour garder la forme.