NOUVELLES
01/04/2014 12:45 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

Les grandes lignes de la crise des rappels de voitures de General Motors

Voici les grandes lignes de l'affaire des rappels de véhicules qui entache l'image de General Motors (GM), troisième constructeur mondial, depuis février:

- Que s'est-il passé ?

Le 12 février GM rappelle 780.000 voitures en Amérique du Nord pour un défaut du commutateur d'allumage, la pièce qui reçoit la clef de contact. Cette dernière se met inopinément en position "arrêt" quand elle est frôlée, désactivant le déploiement des airbags.

GM procède alors à deux rappels: le 25 février de près de 850.000 véhicules et le 28 mars, de 971.000 véhicules supplémentaires.

Au total, 2,6 millions de véhicules sont concernés.

Par ailleurs, GM a rappelé près de 4 millions de voitures depuis février mais pour d'autres défauts. Le dernier remonte à lundi et concerne un problème de direction assistée.

- Quels sont les modèles concernés par le problème du commutateur d'allumage?

La Chevrolet Cobalt (2005-2011), la Pontiac G5 (2005-2011), la Pontiac Pursuit (2005-07), les berlines Saturn Ion (2003-2011), Saturn Sky (2006-2011), la Chevrolet HHR (2006-07) et la Pontiac Solstice (2006 -2011).

- Combien y a-t-il eu des morts ?

32 accidents ayant causé 13 morts ont été liés à ce problème du démarreur, selon un décompte de GM.

- Que reproche-t-on à GM ?

Les autorités américaines reprochent au constructeur d'avoir procédé trop tardivement à ces rappels alors qu'il était informé du problème depuis 2001 et qu'il a continué à équiper ses voitures de cette pièce défectueuse.

- Que savait GM ?

Selon une chronologie communiquée à l'agence américaine de sécurité routière (NHTSA) par GM et une Commission du Congrès, des ingénieurs avaient détecté le problème en 2001 sur une Saturn Ion en pré-production.

Mais c'est en 2004, avant le lancement de la Chevrolet Cobalt, que le défaut a été clairement identifié lors des tests. Le chef des ingénieurs de la Cobalt avait rejetée une solution la jugeant trop coûteuse et trop longue.

Ce n'est que 10 ans plus tard que GM décide de rappeler les véhicules.

- Quelles sont les enquêtes en cours ?

GM est visé par une enquête du département de la Justice, de la NHTSA et du Congrès. La patronne du constructeur Mary Barra est entendue mardi par les élus américains.

- Comment se défend GM ?

GM qui multiplie les excuses publiques, est sur tous les fronts.

Il a ouvert une enquête interne, dirigée par un avocat de renom, et promet un rapport détaillé sans concession.

Il a créé un site internet consacré aux rappels et a nommé un "Monsieur Sécurité".

- Que risque GM ?

Il risque une amende de 35 millions de dollars. Mais c'est davantage sa réputation qui est en jeu, d'autant qu'il a été sauvé de la faillite avec l'argent public en juillet 2009.

Un élu fait pression pour que le groupe automobile crée un fonds d'indemnisation des victimes.

Des avocats ont déposé une plainte en nom collectif devant un tribunal de San Francisco (Californie).

GM a déjà noué des accords financiers confidentiels avec quelque familles de victimes.

lo/sl/rap/abl