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31/03/2014 09:33 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

Zone euro: 300 milliards de dollars d'aide implicite aux géants bancaires (FMI)

Les géants bancaires jugés "trop importants pour faire faillite" bénéficient encore de garanties implicites des Etats, qui encouragent la prise de risque et représentent "jusqu'à" 300 milliards de dollars en zone euro, indique le FMI lundi.

Ces établissements "too big to fail" bénéficient de la protection implicite des pouvoirs publics qui ne peuvent se permettre de les voir faire faillite, au risque de "menacer la stabilité de l'ensemble du système financier", explique le Fonds monétaire international dans un rapport.

Au plus fort de la crise financière de 2008-2009, les Etats-Unis avaient ainsi massivement renfloué plusieurs géants bancaires au bord de la banqueroute (Bank of America, Citigroup...) afin d'éviter une implosion du système.

"Depuis la crise financière mondiale, des réformes ont réduit --mais pas éliminé-- les garanties implicites des gouvernements dont bénéficient les banques +too big to fail+", écrit le Fonds dans les chapitres analytiques de son rapport de stabilité financière, publiés en prélude à son assemblée de printemps.

Grâce à ce statut, ces mastodontes continuent d'attirer plus facilement les investisseurs que des petits établissements, et peuvent ainsi emprunter "à moindre coût" et moins rémunérer leurs déposants, énumère le Fonds.

D'après le rapport, ces "subventions implicites" représentaient en 2012 entre 90 et 300 milliards de dollars sur la seule zone euro, entre 15 et 70 milliards aux Etats-Unis et entre 20 et 110 milliards au Royaume-uni.

Variant selon la méthodologie utilisée, la fourchette de ces estimations est très "importante" et doit "inciter à la prudence", admet le Fonds sans toutefois douter des effets néfastes de ces garanties.

"Les attentes d'un soutien des autorités réduit la propension des créanciers à surveiller le comportement des grandes banques, encourageant du coup des prises de risques et de l'endettement excessif", affirme le rapport.

De part et d'autre de l'Atlantique, des mesures ont été prises pour tenter de mieux encadrer les "too big to fail". La Commission européenne force désormais les géants bancaires à établir un testament, précisant comment elles pourraient survivre à une crise sans avoir besoin du soutien financier du contribuable.

"Des progrès sont en cours mais nos estimations des subventions semblent indiquer que le problème des +too big to fail+ est encore bien réel", souligne Gaston Gelos, un des auteurs du rapport.

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