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31/03/2014 11:39 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

Tunisie: les policiers accusés du viol d'une jeune femme nient les faits

Des policiers tunisiens jugés pour le viol d'une jeune femme en 2012 ont nié les faits lundi, en l'accusant au contraire d'avoir cherché à initier des actes sexuels avec eux.

"Ils ont tout nié", a déclaré à l'AFP Radhia Nasraoui, l'une des avocates de la jeune femme connue sous le nom d'emprunt de Meriem Ben Mohamed.

L'un des policiers, a poursuivi Me Nasraoui, a assuré que c'est la jeune femme qui avait cherché à lui faire une fellation.

"Ils ont nié" avoir violé Meriem, a confirmé Koutheir Bouallègue, un autre de ses avocats. "L'un a juste reconnu s'être masturbé", a-t-il ajouté.

Les journalistes n'ont pas été autorisés à assister à l'audience de lundi, qui se déroule à huis clos depuis le milieu de la matinée.

Trois agents de police sont poursuivis et incarcérés dans cette affaire. Deux sont accusés d'avoir violé la jeune femme à tour de rôle et le troisième d'avoir extorqué de l'argent à son fiancé, en septembre 2012 dans la banlieue de Tunis.

Les policiers affirment avoir surpris les deux fiancés en train d'avoir des relations sexuelles dans une voiture.

Le Parquet avait tenté d'engager des poursuites pour atteinte à la pudeur contre le couple, déclenchant un vaste scandale en Tunisie et une campagne de soutien à la victime à l'étranger.

Avant l'audience, la jeune femme avait dit à l'AFP ne pas être très optimiste sur l'issue du procès.

"Qu'on en finisse avec cette histoire. Mais je ne lâcherai pas, quel que soit le verdict", a-t-elle affirmé avec détermination aux côtés de son fiancé, assurant ainsi qu'elle ferait appel si le tribunal se montrait clément à l'encontre des policiers.

Une dizaine de manifestants, dont Amina Sboui, ancienne membre tunisienne des Femen, sont venus lui manifester leur soutien devant le tribunal.

"Je suis là pour soutenir Meriem et toute femme victime de viol. Toute personne ayant violé une femme doit être punie", a dit Amina à l'AFP, en encourageant les femmes victimes à porter plainte, malgré les difficultés.

kl-iba/cco